Kuentos salados djudeo-espanyoles - Matilda Koen-Sarano

En judéo-espagnol.
2000 Contes salaces judéo-espagnols Edisiones Capitelum C/Carcaixent 14, 28a E-46007 Valence. 
“le seul éditeur au monde qui n’offre de livres qu’en judéo-espagnol” - fax 34 96 380 37 76
105 pages,  notes éclairantes de Salvador Santa Puche.

Matilda nous raconte dans sa préface qu’elle a recueilli au cours de sa carrière, auprès d’une centaine d’infomant(e)s, plus de 1200 contes. Comme elle est toute jeune de cœur et d’esprit, qu’elle connaît le monde entier, qu’elle a des amis partout et un redoutable automatisme pour prendre des notes ou lancer une bande magnétique durant que vous lui parlez, faites le compte et gardez espoir…

Matilda en a donc publié jusqu’ici 700 en divers volumes dont nous avons toujours rendu compte dès leur parution en Israël, tant ils ont attiré notre attention par leur spontanéité, leur fraîcheur et l’énorme quantité de sagesse incluse.

Ce nouveau petit volume fort élégant nous vient d’Espagne cette fois, rédigé en judéo-espagnol seulement (alors que ceux édités en Israël le sont en judéo-espagnol et en hébreu), éclairé de notes pertinentes à l’usage d’un public hispanophone supposé ne pas saisir le sens des mots d’origine non espagnole, turcs, hébreux, français et autres prononcés tout naturellement par les informants, souvent d’origine turque et vivant en Israël.


    En effet, comme tout ethno-sociologue, Matilda, en tête de volume, nous fournit une petite note biographique sur ses interlocuteurs, dont le nom signe chaque conte.

Vous pouvez évidemment vous poser la question de savoir pourquoi ce volume n’est rédigé qu’en judéo-espagnol et édité ailleurs qu’en Israël où Matilda vit ! Trouvez la réponse par vous-mêmes, nous ne vous aiderons pas…

Quoiqu’il en soit, ces contes salaces le sont de diverses manières : parfois par l’impertinence, parfois par l’érotisme exprimé (cf. Rekuesta lejitima, ou Es lo mizmo ?), souvent par une combinaison des deux (cf. No todos son mizmos) parfois par le simple fait de dire le généralement non-dit (cf. Suzana i la rubisa, Suzanne la prostituée qui, à l’entrée du bain public, bouscule d’autres femmes, y compris l’épouse du rabbin, pour passer avant elles et qui s’excuse ainsi auprès de cette dernière : “Toi, un seul homme t’attend; moi, cent un !”).


    Le plus fréquemment exprimé, au travers d’histoires humoristiques montrant une inépuisable imagination, reste la frustration féminine (El fostan del amor, ainsi que Kuando enkolgar ? et la superbe Una chika merenda).

Ne sont pas absentes non plus les revanches impertinentes du faible sur le fort, de l’humble sur le sultan, de la femme sur l’homme (cf. Aferrar la okazión) du crypto-juif sur le curé (cf. Al tiempo de la Enkizisión).

Comme l’exprime Matilda dans sa préface : “Mais où se trouve la frontière du salace ?”

A vous de trancher !

 Jean Carasso

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