Simon Lubicz

Une belle figure vient de nous quitter

Nous avions évoqué, dans les numéros 13,14 et 15 de La Lettre Sépharade,  la belle figure du docteur Simon Lubicz qui, lui-même interné dans un camp satellite d’Auschwitz - Buna - en fut l’un des médecins au Revier.1

Non seulement il se dépensa pour soigner avec les ridiculement faibles moyens dont il disposait les détenus épuisés qui venaient vers lui, mais au péril de sa propre existence
(des médecins internés ont été pendus à Auschwitz pour ce même motif,
2  pour l’exemple, devant tous les détenus rassemblés) à diverses reprises réussit à soustraire à la périodique “commission médicale” allemande les dirigeant vers la chambre à gaz, des détenus qu’il souhaitait à tout prix voir survivre pour témoigner.

Effectivement il en sauva ainsi un certain nombre - modestement il ne s’en souvenait plus très bien -…dont nous avons retrouvé trois survivants, l’un en Russie, l’autre en France, le troisième en Israël. Nous avons pu organiser, durant l’hiver 1994/1995 une rencontre à Paris entre ces hommes (le premier n’a pas pu venir de Russie) et Simon Lubicz.


Inutile d’exprimer combien l’émotion fut intense…

Au terme d’une vie très diversifiée et bien remplie, Simon Lubicz, natif de Grodno, avait conservé le regard clair et l’innocence d’un enfant étonné.  Il est mort à 88 ans comme un saint homme qu’il était, quasiment sans souffrir.

Ce nous est une grande satisfaction que de l’avoir honoré et aimé de son vivant.

Nous lui rendons hommage et y associons sa veuve, la chère Esther, dont l’itinéraire au cours de la Choah fut plus terrifiant encore que celui de Simon.

Nous transmettons à Esther nos condoléances les plus sincères et affectueuses.

Zvi Michaéli et Jean Carasso

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