Musique : Chasanut Gesänge aus der Synagoge - Estrongo Nachama (und Chor)

“Répertoire du hazan et chants de la synagogue”
Réalisé en Allemagne par P+O Pallas,  sans autre indication ni date, avec l’adresse personnelle d’Estrongo Nachama.
C’est seulement maintenant, après la mort récente de son interprète (en janvier, à 81 ans), que nous apprenons l’existence de ce disque dont nous ne connaissons même pas la date d’édition. Une lectrice de Berlin, Lilli Herschhorn, nous l’a offert. Qu’elle en soit ici remerciée.

L’itinéraire d’Estrongo fut en tout cas insolite : rester chantre durant 40 ans - et célèbre - de la synagogue de Berlin, dans une communauté sans Sépharades, lorsqu’on est un Salonicien survivant d’Auschwitz, n’est assurément pas banal ! Dans la trop courte correspondance que nous avons échangée avec lui (en judéo-espagnol) il ne nous l’a pas expliqué.

A noter tout de même que son fils Andreas est président de l’importante Communauté de Berlin (constituée essentiellement de juifs de pays de l’Est ayant trouvé un refuge, une assise professionnelle en cette capitale, surtout depuis la fin du Rideau de Fer).

Le disque commence par un Kol Nidré puissant, en solo sur continuum d’orgue, relayé ensuite par un chœur mixte de grande qualité.

Dès ce premier morceau on note l’excellence de la prise de son, l’enregistrement ayant été réalisé dans la synagogue de Berlin, avec un volume sonore parfait, sans réverbérations, le compositeur, arrangeur et organiste titulaire en étant Harry Foss.

Dans Chag Purim le ténor et le chœur se répondent de façon fort plaisante, vivante, festive comme il se doit pour cette célébration. C’est superbe.

Lichwod Purim et Ani Purim offrent à Estrongo l’opportunité de nous montrer toute l’étendue, remarquable, de son registre et de développer sa puissance vocale, sans jamais aucune outrance, toujours dans la sobriété.

Le Kiddoush, plus long que les autres plages, dure quasi cinq minutes comme le Kol Nidré du début. Il est bien équilibré.

Le final Haschmiini-Jismechu est entraînant, les voix de femmes sont bien marquées, à certain moment dominantes et de grande qualité.

La musique d’un certain nombre de chants est signée du compositeur français contemporain Marcel Lewandowski.

Le livret propose une seule version des textes, en allemand, bien que ceux-ci soient classiquement chantés en hébreu. Certains sont des psaumes dont la référence est indiquée.

Adieu Estrongo, et merci !

Jean Carasso

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