548 jours sous un nom d'emprunt - Rosina Asher-Pardo

En grec 1999 - Gavrielides 
18 odos Mavromichalli 
GR 106 81 Athènes
Fax 30 13 63 65 14.

Un nouveau livre vient de paraître sur la période noire de l’occupation nazie à Salonique et les souffrances de sa population juive.

Basé sur ses propres notes écrites en 1942/43 sur un cahier d’écolier, Rosa Asher Pardo, fille de Haïm et Eugénie Pardo, reproduit dans son livre ses notes d’enfant de 10 ans. Elle raconte avoir été cachée durant 548 jours dans une maison amie en compagnie de sa famille, munie de faux papiers au nom de Roula Karakitsou.

D’un style enfantin, plein de fautes de langue,  Rosa relate de manière très vivante la persécution, l’arrestation et la déportation de la communauté de Thessalonique et les problèmes des siens, cachés dans une famille grecque amie.

Ses notes d’enfant sont complétées par ses réflexions actuelles sur le racisme contemporain aussi bien que  sur les renaissantes activités des pro-nazis à travers le monde, soulignant le danger toujours présent.
Mais le livre n’est pas qu’un journal et se positionne bien loin des fameux mémoires d’Anne Frank. L’auteure explique que son but est de se servir de ses notes pour offrir une vision étendue de son histoire, pour alerter ses contemporains sur le renouveau des tendances pro-nazies et racistes.




Elle écrit :
“…l’antisémitisme politique prévalait en ce temps et malheureusement il est toujours évident. A l’époque les juifs étaient pourchassés comme communistes. Ils sont toujours considérés comme dangereux à l’heure actuelle, comme capitalistes.”

La lecture est excitante. La partie la plus
intéressante, historiquement parlant est évidemment l’histoire d’une famille juive se cachant chez une famille grecque à Salonique. C’était plutôt rare en vérité. Comme l’on sait, des juifs trouvèrent refuge auprès de familles grecques à Athènes ou dans les groupes de résistance en montagne, mais guère à Salonique.

Dans son introduction Rosa précise : “mon but est de dire à mes enfants, à mes petits enfants et aux enfants des générations futures que les années 1941-1945 qui ont si profondément marqué ma vie ne doivent jamais être oubliées.”1

Marcel Yoël

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