Kosas i otras de Sefarad



Kavala et Drama

En complément de nos informations sur la Macédoine (voir pages antérieures), sachez qu’en Grèce du Nord, Macédoine et Thrace, où les Communautés ont disparu dans la Choah, Shabetay Tchimino porte à bout de bras, pratiquement seul, avec panache, et depuis nombre d’années, le souvenir de ses coreligionnaires disparus et s’occupe du mieux qu’il peut de l’entretien du cimetière de Kavala.

Dans la petite ville voisine de Drama, une seule famille, celle de son gendre Jacob Cohen, maintient la mémoire des 1200 Juifs déportés en 1943 à Treblinka par les autorités bulgares occupant la région.

A force de lutte et de persévérance, Shabetay et Jacob, en présence des pouvoirs civils, avec une importante participation des Juifs de Grèce, de celle du Grand Rabbin de Paris M. Messas, ont inauguré le 9 mai 1999 un mémorial (ci-dessous).

Communauté israélite 
B.P. 1371
GR 652 01 Kavala
Tél. 30 51 39 18 30



Ribadavia et Monforte de Lemos

Comme chaque année, le Centre des études Médiévales de Ribadavia, en Galice, a organisé fin août sa grande fête estivale La boda judia, reconstitution d’un mariage juif médiéval, avec défilé dans les rues en costumes d’époque, et un grand concours de population.

Avec cette année un plus.

Nos lecteurs amis de Marseille, Colette et Marcel Coronel, venus pour assister à la fête, ont accepté de jouer les parents de la mariée. Toute la presse locale en a rendu compte, photos à l’appui, expliquant que les Coronel étaient plus ou moins les seuls juifs de la fête !

Parallèlement Marcel - durant dix-sept ans le Président de Vidas Largas à Marseille et qui vient de passer la main - a investigué tout près de là, à Monforte de Lemos, localité galicienne d’une vingtaine de milliers d’habitants, sur la présence avérée et constante depuis la fin du XVème siècle de “Coronel” dans cette localité, plus épisodique à Ribadavia. C’est un chercheur historien : Felipe Aira Pardo, travaillant sur les traces juives aux archives municipales, qui a reconstitué cette continuité.
Le détail de ces investigations a fait l’objet d’un article paru dans Aki Yerushalayim, n° 60 de mai 1999.1


Caminos de Sefarad

Restons à Ribadavia et dans les autres villes groupées au sein du réseau Caminos de Sefarad, qui cherchent toutes à mettre en valeur leurs souvenirs et à réhabiliter leurs quartiers juifs même s’il ne reste actuellement plus de juifs en ces lieux, - ces villes donc ont décidé de former des professionnels du tourisme et des étudiants, à cet aspect juif particulier de leur richesse architecturale et de leur mémoire collective.

Des cours de 15 heures intensives sur deux jours ont commencé cette année les 20 et 21 septembre à Gérone, et se sont achevés les 29 et 30 novembre à Cordoue.

On peut penser que cet enseignement se renouvellera d’année en année, et on leur souhaite la présence d’étudiants français, et le succès.

Renseignements dans toutes les villes du réseau, et en particulier :

Red de Juderias en España 

Concello, Pr. Major 5 
E 32400 Ribadavia
Tél : 34 988 47 71 15 - Fax : 34 988 47 71 01


El kolokio internasional sovre la eskritura i ortografia del ladino

En Yerushalayim tuvo lugar, del 17 al 19 de Oktobre un enkontro ke su menester ya era konsentido desde largo tiempo : un kolokio internasional organizado por la Autoridad Nasional del Ladino sovre la eskritura i la ortografia del ladino. El menester de este kolokio es devido al fakto ke, kontrariamente a la mayoria de las lenguas ke tienen un solo sistema de eskritura, o de grafia sigun el termino sientifiko, el ladino es eskrito de diferentes maneras. En primero lugar ay la eskritura rashi, kon la kuala los Sefaradis eskrivieron sus livros en ladino durante mas de 4 siglos, desde los primeros anyos despues de la ekspulsion de 1492 i asta los anyos 30 de muestro siglo, kuando en Turkia fue adoptada una ley ovligando a publikar livros, jurnales i revistas solamente en letras romanas, kon el alfabeto fonetiko ke remplaso el arabo uzado asta entonses para el turko. […]

Komo konsekuensa de este paso […] los djudios del eks Imperio Otomano empesaron a eskrivir kon letras romanas, ma kada uno kon una ortografia. […] Oy ay kuatro sistemas diferentes.

En Turkia se uza el alfabeto turko, kon letras komo el “S” i el “Ç” ke nos existen en los otros sistemas.
En Fransia se uza para reprezentar estos sonos, los grupos de letras “ch” i “tch”.

En Israel, onde los ke adoptaron la eskritura de Aki Yerushalayim, estos mizmos sonos son reprezentados por las letras “sh” i “ch”.

En Espanya enfin, el Prof. Hasan del CSIC dezvelopo un sistema ke reprezenta fidelmente la fonetika del ladino, ma en adjustando a siertas letras del alfabeto espanyol sinyos diakritikos.3

El problema, kon el sistema uzado en Turkia i ainde mas kon la grafia dezvelopada por el Prof. Hasan, es ke los sinyos diakritikos ke uzan no se topan en los klavies de la mayoria de las makinas de eskrivir i de las komputadoras, i pueden ser uzados solamente por un chiko numero de personas.

En este enkontro de 13 investigadores se desidio […] de examinar este problema en las diversas partes del mundo, i ke la Autoridad Nasionala del Ladino tendra mas konsultasiones kon los partisipantes del kolokio i otros ekspertos mas […] para dezvelopar un metodo, un sistema uniko de eskritura del ladino kon letras romanas akseptado por todos, o a lo menos por la mayoria […].

Moshe Shaul
Un éditorial dur d’Albert de Vidas 
sur la “carence” des nôtres

Dans la dernière édition d’Erensia Sefardi2 (N° 27, été 1999), son responsable Albert de Vidas exprime son angoisse et jette un cri d’alarme passionné sur le peu de considération que les pouvoirs publics en Israël ont accordé et accordent encore maintenant à notre culture proprement sépharade.

La responsabilité, selon lui, en incombe à nos élites qui auraient “capitulé” en quelque sorte, faute de débats après la fin de l’occupation britannique et l’instauration de l’État d’Israël, entre elles-mêmes et avec les collègues d’Afrique et d’Asie, avec les Achkénazes, faute de volonté d’entrer dans l’arène politique. Et c’est à cause de cela que notre langue, malgré l’effort de quelques pionniers, est quasi oubliée!

Et nous en payons maintenant un prix élevé. Lointaine est l’époque, écrit-il, où le judéo-espagnol était là-bas la langue des élites dirigeantes, lointaine est l’époque du Grand Rabbin sépharade d’Israël jusque dans les années 50 et jamais plus depuis !

Cette carence des élites qui ont refusé de s’investir dans la politique quotidienne aboutit au fait que la plus importante communauté sépharade dans le monde à l’origine dans le pays, ne reçoit plus des pouvoirs publics que des miettes… comme celles accordées à l’Autorité Nationale pour le Ladino.

La conclusion est à citer tout entière4 :

“L’apathie a empêché la Nation Sépharade en Israël de se rassembler en un parti politique présentant une liste unique aux élections parlementaires.
L’apathie politique a empêché l’acquisition d’une représentation en tant que Nation hispano-portugaise, l’organisation d’une plate-forme pour l’établissement d’écoles judéo-espagnoles destinées  aux générations suivantes, l’exigence d’un Grand Rabbin. C’est ce laxisme qui a aussi permis l’appropriation par d’autres du qualificatif “sépharade” lui-même, par des groupes et organisations politiques qui ne le sont pas.

Si une telle apathie ne peut-être surmontée parmi la plus importante communauté sépharade dans le monde, quelles chances de survie en tant que groupes restent aux Sépharades de la Diaspora ?”

Albert de Vidas


Musique


Dodim4- Hebrew jewish jazz duo - ainsi est intitulé un disque compact que nous recevons au moment d’imprimer. Il s’agit d’une exécution instrumentale “jazzy” par les époux Reuben, elle à la harpe et lui au piano, de classiques que chacun fredonne :  
Si je t’oublie, Jérusalem, Bar Yohai, Kuando el rey Nimrod, Et Dodim, qui constitue le titre.
Il est évident que les plus traditionalistes d’entre nous ne retrouveront pas l’exécution classique par voix féminine qu’ils attendent… Mais l’interprétation est entraînante, nouvelle, bien maîtrisée par des professionnels de qualité (Shimon est aussi docteur en philosophie, il ne manque pas de cordes à son arc… et Nehama a tenu la harpe solo de la synagogue de la Victoire à Paris, de 1978 à 1992).
Bravo, nous vous souhaitons le succès !
Jean Carasso
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