Filatelia Sefaradi - Mordehay Arbell


En judéo-espagnol, 1998 Ibercaja, Plaza de Basilio Paraiso 2, E 50008 Saragosse, 98 pages.  6 Euros.

Il s’agit de la présentation en recueil d’une sélection d’articles et timbres, de la rubrique El Filatelista Sefaradi parus dans la revue Aki Yerushalayim et reclassés par ordre géographique. La présentation en est fort soignée, ce qui est habituel chez cet éditeur. Sa propre première préface est écrite en espagnol, alors que la seconde, signée de Moshe Shaul, est rédigée, comme les articles, en judéo-espagnol.

Pour faciliter la lecture aux non-initiés, un tableau récapitulatif de La grafia del djudeo-espanyol précède le texte proprement dit et, à la fin de l’ouvrage, un lexique traduit dans leur langue les mots peu compréhensibles aux lecteurs espagnols contemporains (Kal=sinagoga. Rol=papel. Bedahem=cimeterio, etc.)

Feuilletant ce petit ouvrage on s’aperçoit très rapidement que, bien au delà d’une présentation de timbres, il s’agit d’un véritable exposé culturel sur les personnages et/ou les sites illustrés par les timbres. À la réflexion, ce n’est pas surprenant quand on connaît la grande culture de Mordehay Arbell !

Prenons des exemples :
- le timbre de 4 pesetas illustrant Maïmonides émis par les postes espagnoles en 1967 permet un développement d’une petite page sur le RaMBa’M.

- sur l’école de traduction de Tolède (postes espagnoles 45 pesetas, 1986) nous apprenons qu’elle fut fondée au XIIIème siècle par le roi Alphonse X dit “le Sage” avec des lettrés juifs qui fuyaient les villes de Séville et Cordoue, des catholiques et des musulmans, traduisant et rédigeant des ouvrages de mathématique, physique, astronomie, cartographie, etc.




- à ce propos, la page consacrée aux frères cartographes Avraam et Yeuda Crescas concernant des timbres espagnols de 2 pesetas en 1974 et israéliens 1,40 et autres valeurs en shekels, en 1992, nous éclaire sur cette grande famille catalane illustrée par des médecins et hommes de science. L’on sait que Maître Crescas fut le médecin et astronome de Pedro IV d’Aragon en 1343-1347. Plus tard, d’autres Crescas s’illustrèrent, toujours en cartographie, et le planisphère d’Avraam Crescas fut le cadeau offert en 1381 par le roi d’Aragon à Charles VI, ce qui explique sa présence à la Bibliothèque Nationale française de nos jours. Christophe Colomb connaissait évidemment ces cartes, y compris celle représentant l’Inde comme une péninsule, et les utilisa, ainsi que celles d’Avraam Zacuto.

- à ce sujet, le voyage de Colomb est illustré par plusieurs timbres du Sierra Leone, d’Espagne et de Cuba, et nous sont remémorés les noms des conversos qui voyageaient avec lui,  fuyant un territoire devenu dangereux, dans l’espoir de trouver un sol plus accueillant et d’y revenir au judaïsme.

Mais l’on ne saurait tout énumérer ! Procurez-vous ce livre et considérez-le comme une petite encyclopédie agréable à feuilleter. Vous vous en réjouirez !

Jean Carasso 











No kreyes antis ki veyes


C'est le proverbe 189 du recueil de Zamila Kolonomos "Ne crois que ce que tu vois" dans la graphie locale.
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