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Collectif


A la mémoire des déportés du convoi 73 ayant quitté Drancy le 15 mai 1944. Il s’agit d’un important et pieux ouvrage collectif comportant, en seconde partie, des monographies, pour autant que les instigateurs aient pu les recueillir.

Des 878 hommes uniquement - et c’est une singularité dans les convois de déportation - qui furent expédiés vers l’Est en wagons à bestiaux, 23 seulement sont revenus. La sélection, à Drancy, s’effectua selon le critère : “hommes en pleine force pour aller travailler à l’organisation Todt”, mais plus tard seulement on apprit que le convoi aboutit à Kaunas, au 9ème fort, et à Reval.

L’enquête de ces survivants et de leurs amis fut très bien menée lors de voyages successifs sur les lieux,
 le premier en Estonie et Lituanie du 16 au 24 mai 1993 avec le concours efficace de Serge Klarsfeld et les FFDJF, le suivant en mai 1995 etc. jusqu’en août et septembre 1998, permettant chaque fois d’éclaircir des aspects occultés, voire oubliés des déportés eux-mêmes, toujours plus nombreux à se retrouver.

Sont évoquées diverses questions récurrentes et peu “politiquement correctes”, telles que la massive collaboration de Lituaniens avec les Allemands (95% des 230000 juifs de Lituanie furent massacrés), le fait que partout dans les pays de l’Est les plaques commémoratives de massacres apposées sur murs et monuments ignorent le mot “juif” : “Citoyens polonais, ou russes, ou lituaniens… fusillés par les fascistes…”

A l’inverse, si on ose écrire, on découvre l’attitude peu connue du consul japonais à Kaunas, Chiune Sugihara (1900/1986) qui délivra des visas à 600 juifs polonais, leur permettant d’échapper à la Choah.

La seconde partie du livre est constituée d’une série
- que les auteurs ont voulue aussi exhaustive que possible – de monographies, illustrées de photos lorsqu’on put en trouver.

Défilent aussi  rappels édifiants et anecdotes, tels que l’allocution émouvante de Bertrand Poirot-Delpech, le 28 octobre 1997, en mémoire de deux “enfants d’Izieu” et Sabine Zlatin, qui figuraient dans ce convoi.

Fernand Futerel raconte : un jour au camp de Stutthof, près de Dantzig sur la Baltique,1 inspection programmée de la Croix-Rouge Française à la demande des Allemands : nourriture et propreté améliorées, châlits en ordre, conditions de vie “convenables”. Un détenu ose s’avancer : “Mais ne sentez-vous pas que cela n’est que mise en scène, que les conditions sont atroces…?” Réponse d’un inspecteur : “Vous êtes des juifs, vous pouvez crever…”. Croix Rouge Française, oui !

Un émouvant livre, que l’on entreprend de rééditer en l’augmentant de nouveaux témoignages.

Jean Carasso
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