Musique : The Sephardic Experience

Celestial Harmonies P.O. Box 30122 Tucson AR 85751 USA.

Winsome Evans and The Renaissance Players

C’est ici une véritable encyclopédie sonore qui nous est présentée par un professeur de musique de l’Université de Sydney ayant fondé en 1967 le groupe The Renaissance Players.

Winsome mène toujours son groupe, depuis plus de trente ans, dont le répertoire s’étend du IXème siècle à la musique contemporaine. Cette femme extraordinaire de talent et de persévérance accumule 2500 pièces musicales qu’elle a recueillies, arrangées, étudiées et/ou composées elle-même. Elle est productrice de la série enregistrée à Sydney et diffusée depuis Tucson en Arizona. 

Il s’agit d’un luxueux coffret de quatre disques compacts, dont chacun comprend un superbe livret sur papier glacé, d’une extrême recherche, dans le fond et à la forme. Avant même d’avoir écouté une seule plage d’un seul disque les mots qui viennent à l’esprit sont : “élégance” ou “excellence”.

Chaque livret comprend une partie commune de mise en perspective, car les disques peuvent être acquis séparément, mais d’autres explications se poursuivent d’un livret à l’autre…


Lequel de nos lecteurs serait surpris de lire dans ces pages les noms - autant de références -  d’Armistead et Silverman, de Menendez-Pidal, puis de Susana Weich-Shahak ? On se demande si un seul texte important a échappé à Winsome Evans…
Trente trois ans de travail, ou l’éloge de la persévérance.

Pour chaque morceau présenté, le livret  indique l’origine géographique (“tradition andalouse”, ou “Balkans/Rhodes”), ou le compositeur s’il est connu, puis les interprètes avec la spécialité de chacun : “voix de soprano”, harpe, pandero.

De telle sorte que les enregistrements viennent comme des illustrations d’un texte, comme une iconographie dans une encyclopédie.

Prenons la n° 8 du premier disque, bien connue: Puncha puncha, la rosa huele. L’exécution est somptueuse, comme la voix de la soprano Melissa Irwin, accompagnée au violon, à la guitare, à la harpe (Winsome Evans elle-même) et aux castagnettes.

La 9ème est un poème de Moïse Ben Ezra, suivi d’un autre, du Cantique des Cantiques (Return, O Shulammite) dit, plutôt que chanté, par un récitant à la belle voix claire : Geoff Sirmai, accompagné au psalterium et au baglama.


La n° 10 Morena me llaman, bien connue de tous, est chantée en duo par deux sopranos admirables accompagnées de sept instruments…

Pour chaque interprétation, le livret expose l’environnement historique et culturel, musical et technique, cite les paroles en judéo-espagnol lorsqu’il y a lieu, (mais certaines mélodies sont seulement orchestrées avec goût, et non chantées1) leur traduction en anglais.

Un grand bravo pour la plage 14 du second disque Durme durme mi angelico. Exécution par soprano et chœurs accompagnés à la seule harpe, et commentaires sont d’une extrême sensibilité.

Amusez-vous à l’écoute de la première plage du disque 4 : Los guisados de la berenjena par trois soprani et un solide accompagnement…!

Les moyens mis en œuvre dans cette encyclopédie sont si incomparables à ceux que l’on connait habituellement que l’on reste proprement stupéfait. Toute comparaison devient cruelle ! 2

Incroyable et enthousiasmant.
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