Maimónides el sefardi

1998 García Verdugo c/ San Mateo 30 E 28004 Madrid 96 pages.

Solly Wolodarsky


Quoique né à Buenos-Aires, l’auteur est très connu en Espagne, où il vit présentement, tant pour son œuvre littéraire, sa production cinématographique que ses émissions de télévision.

Ici, au travers d’une pièce de théâtre, il choisit de faire revivre la grande figure du RaMBaM (Moïse B. Maïmon), philosophe, médecin, homme de science, théologien, grand disciple d’Aristote, dont les œuvres maîtresses sont : “Le Guide des égarés” et le “Michné Torah”.

La pièce en 24 tableaux, écrite dans un style alerte avec force détails, se passe dans divers endroits de Cordoue à l’époque brillante d’Al Andaluz, alors que juifs, musulmans et chrétiens cohabitent encore à peu près en paix.


Moïse Maïmon, pour le moment, est encore un jeune homme, un “surdoué” qui se cherche. Ira-t-il vers la voie rabbinique ? Tout l’y destine puisque son père est un juge rabbinique très fameux. Fera-t-il une incursion dans la voie scientifique qui l’attire ? Grâce à ses maîtres il va découvrir les grands philosophes grecs et arabes ainsi que les grands médecins dont on parle déjà avec respect. L’auteur imagine même un dialogue entre lui et Ibn Ruchd (Averroes), d’une dizaine d’années son aîné .

Si la pièce commence dans la paix, elle se termine dans la guerre. En 1148 en effet, la famille Maïmonide fuyant les persécutions religieuses qui accompagnèrent la prise de la ville par les Almohades, quittera Cordoue pour Fez, où le RaMBaM gagnera sa vie comme médecin.1

Il arrive à l’auteur de prendre quelques libertés avec l’histoire : il fait naître Moïse le 11 mars 1135, alors que 1138 est généralement retenu par les chercheurs ; scène 19, il indique que Moïse étudie, dans les années 1158/1162, chez un maître hostile à Averroes et que son compagnon arabe Abul lui dit : Yo creo in tí y en todos los que han aceptado al Corán.2


Je livre à votre méditation un dialogue entre Maïmonide et son maître le médecin Ibn Daud. Dans cette scène, il est question d’Avicenne, d’Hippocrate, de Galien, de Hasday ben Shaprut.

• ID. : “La pensée humaine resplendit à toute heure, il est nécessaire de connaître les idées et les savoirs de tous les peuples et nations…
• M., dubitatif : “Même la science des Grecs ?”
• ID. : “Il n’y a pas de limite au savoir. C’est le plus grand partenaire de l’esprit humain, les doutes sont la plus grande force de l’homme.”
• M. : “Mais si on passe des heures à étudier les sciences étrangères, qu’en sera-t-il de la Torah ?”
• ID. : “Plus grande sera sa grandeur. L’histoire de la philosophie, de l’éthique jusqu’à la médecine nous aide à mieux comprendre, pour nous rapprocher de l’idée de Dieu…”

Les hispanophones aimeront beaucoup ce petit livre.

Claude-Andrée Saporta
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