Amériques : Comfortable Disappearance, Lessons from the Caribbean Jewish Experience

En anglais - 1998  “Une disparition douce, leçons à tirer de l’expérience juive aux Caraïbes.” Congrès Juif Mondial à Jérusalem, 35 pages.

Mordechai Arbell


Ils se qualifiaient eux-mêmes : “La nation juive hispano-portugaise des Caraïbes”, et en certaines localités ils y ont constitué la majorité de la population européenne. Bien peu subsiste maintenant de ces implantations.

L’auteur se demande, pas tout à fait ingénument : “Doit-on arriver à la conclusion que l’égalité des droits, l’absence d’antisémitisme et de discrimination peuvent être aussi dangereux pour l’existence juive que la persécution et le meurtre ?”

Il s’agit d’un phénomène qui peut aussi affecter d’autres parties du monde et que pouvons-nous entreprendre, sinon pour l’enrayer, du moins pour le retarder ? Il faut que les leçons du passé nous servent !1



Mordechai Arbell reprend les documents disponibles sur la date de l’installation de crypto- juifs portugais dans tels et tels sites (après 1530 en Jamaïque par exemple) et expose que les gouverneurs colonisateurs hollandais, anglais, français et danois voyaient d’un bon œil l’installation de ces Juifs qui fuyaient le Brésil où ils avaient appris la culture et l’exploitation de la canne à sucre. Ils furent rejoints par des Juifs de Livourne.

 Expulsions - souvent par les Anglais, “Code noir” des Français en 1683 - et bon accueil se succèdent. L’auteur analyse la situation dans chaque territoire de façon claire et synthétique. Il raconte comment Curaçao devient un centre important de regroupement et rappelle l’arrivée de Salonique en 1674 du rabbin Josiau Pardo (la synagogue actuelle date de 1732). Des crypto- juifs venant du Portugal s’y firent circoncire jusqu’en 1821 ! Actuellement il reste 300 juifs à Curaçao, majoritairement des achkénazes qui fondèrent leur Communauté en 1969.

Il nous rappelle qu’en Jamaïque, si les Juifs jouissaient en principe de l’égalité des droits, ils étaient en fait soumis à des restrictions diverses, de telle sorte qu’ils apparaissaient comme “des marchands de première classe et des citoyens de deuxième classe…”

Pour chaque implantation qu’il recense, l’auteur fait référence à la situation actuelle, concluant en général : “Il n’y a plus de Juifs”. C’est le cas dans les Caraïbes, par assimilation .

Il conclut par des considérations sur “l’hispanité” des mentalités dans ces implantations, malgré l’Inquisition et les persécutions.

Un très bon manuel bien illustré, exposant simplement l’essentiel.

Jean Carasso
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