Morenica - Jacinta


1999 Editeur, Le Chant du Monde, distribution Harmonia Mundi
Née en Argentine, Jacinta s’est taillé une réputation d’actrice de théâtre et de  chanteuse à large registre, car elle interprète avec talent des mélodies en judéo-espagnol, comme ici, mais aussi en yiddich et en castillan lorsqu’il s’agit de tangos. Elle a d’abord travaillé comme enseignante en Argentine, et vit à Paris depuis plus de vingt ans.

Ce disque rassemble 19 mélodies, pour la plupart classiques, enregistrées en studio, offrant une impression d’homogénéité. C’est un avantage mais certains effets pervers peuvent en découler qui auraient pu être atténués lors du mixage : la berceuses (n° 10, Durme mi angelico) n’a pas vocation a être entendue (…presque) aussi forte que la mauvaise humeur du roi qui se promène trop tôt le matin et qui découvre sa femme rêvant (sic…) à haute voix…(n° 6)

Le livret de 28 pages, après une présentation générale en trois langues, propose en judéo-espagnol et en français les textes interprétés. Malheureusement ce livret ne nous révèle rien de l’accompagnement, approprié, discret, laissant ici comme il se doit la vedette à l’interprète - ce qui n’est pas toujours le cas…


La voix est belle, juste, bien placée, la diction est bonne dans un prologue parlé (n° 6) et dans ce même El rey… l’accompagnement est adapté, qui souligne le dramatique de la situation.
La n°9 (Puncha puncha) met en valeur la large plage vocale de Jacinta. Le crescendo dramatique de la passion est bien rendu dans la n°12 (A ti, mi Dío).

La n°14, La rosa enflorece est l’une des plus interprétées du répertoire et, comme telle, un bon critère.

Dans les basses et le final de la n° 16 (árvoles lloran por luvias), on admire la voix. Le graphisme du judéo-espagnol, dans cette dernière par exemple, est plutôt castillan…

Une impression de fougue impétueuse se dégage de l’interprétation de l’ensemble : Jacinta est une méridionale, elle a du tempérament, elle  se donne et cela s’entend !

Un bon recueil classique.

Comments