Spinoza et les commentateurs juifs - Philippe Cassuto

Sous-titre : “Commentaire biblique au premier chapitre de Tractatus Theologico-Politicus de Spinoza” en français, avec citations en hébreu et en latin. 1998, Publication de l’Université de Provence, 
29 ave. Robert Schuman 13621 Aix en Provence cedex 1, index biblique, 238 pages

L’ouvrage érudit que Philippe Cassuto, maître de conférences en hébreu à l’Université de Provence nous a fait parvenir est en fait plus accessible que ne le laissent à penser les longs passages en hébreu et en latin qu’il contient. S’il y donne en effet les versets bibliques et leurs commentaires dans leur langue originale (le latin pour Spinoza et l’hébreu pour les autres) ses citations sont toutes intégralement traduites en français et donc parfaitement accessibles à tous les lecteurs qui, sur les trois citées, ne connaîtraient que cette langue.

Dans son travail, Ph. Cassuto examine tous les versets bibliques que Spinoza a commentés dans le premier chapitre de son TTP (Tractus Théologico-Politicus) dans l’édition princeps de 1670, en le comparant aux explications qu’en ont donné les Targumim et les grands commentateurs juifs qui l’ont précédé. Pour les Targumim, il cite ceux du Pentateuque : Onqelos et Yonatan; ceux des Prophètes : Yonatan ben ‘Uzziel et ceux des différents Ecrits : des Psaumes, de Job, des Proverbes, des Cinq rouleaux et des Chroniques. Les grands commentaires évoqués pour chaque verset sont ceux de Rashi (Rabbi Shelom ben Itshaq), d’Abraham ibn Ezra, de Ramban (Rabbi Moshe ben Nahman ou Nahmanide) et de Ralbag (Rabbi Levi ben Ghershom).

A travers ces examens détaillés, l’objectif n’est pas seulement de replacer la pensée et l’œuvre de Spinoza dans leur contexte biblique hébraïque et dans la lignée des grands commentateurs, mais aussi et surtout de promouvoir l’étude méticuleuse et approfondie de la Bible et des autres textes religieux dans un esprit universaliste.

Ainsi que le souligne Ph. Cassuto dans sa conclusion : “La Bible fait partie de notre pensée, il est préférable de l’étudier afin d’accéder à l’universel que Spinoza a proposé et non de la rejeter d’une manière tout aussi superstitieuse que son utilisation à des fins mauvaises”.

Michèle Bitton

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