Sabetay trajedia sefaradi - Salvador Santa Puche

En judéo-espagnol.
Chez l’auteur car non édité jusqu’ici. 1998.
calle Hospital 50,  E 30510 Yecla

Salvator Santa -Puche est ce jeune Espagnol dont nous avons à diverses reprises entretenu nos lecteurs,  à propos d’un dictionnaire judéo-espagnol/
multilingue qu’il met au point,  d’une grammaire sur laquelle il travaille et de son Introducción a la literatura sefardi dont on attend la parution imminente.
Nous aimerions bien voir sa pièce mise en scène en France, comme elle l’est actuellement au Mexique et le sera bientôt en Argentine !

Comme le titre l’indique déjà, il ne s’agit pas ici d’un livre proprement dit, mais du texte d’une tragédie en un acte et trois tableaux, trois épisodes de la vie du célèbre Sabetay Sevi (ou Tsevi, ou Zvi) - le faux messie (1626-1676) qui entraîna bien des difficultés au sein du judaïsme de l’époque et donna naissance, après la conversion de Sabetay à l’islam, au phénomène dönmé.1

Les trois scènes se déroulent à dix ans d’intervalle l’une de l’autre, mais l’imagination de Salvador lui a fait les reprendre à rebours de la chronologie : dans la première, non loin de la fin de sa vie, Sabetay croupit dans un cachot où l’a fait jeter le Sultan que ce perturbateur n’a pas convaincu. Un jeune ministre du sultan essaie de convaincre Sabetay de recevoir l’ambassadeur d’Espagne et de faire, devant lui, amende honorable. Sabetay résiste, demandant qu’on le laisse tranquille mais finit par capituler…


Dans la seconde, dix ans avant, on introduit au palais du sultan un homme qui se prétend le messie. Le sultan, âgé, qui a déjà dans sa vie rencontré bien des illuminés, est fort sceptique, mais accepte de le recevoir sur l’insistance de ses ministres; il n’est pas convaincu par ses explications, lui promet la mort comme perturbateur et lui accorde grâce s’il se convertit, lui proposant même dans cette hypothèse un emploi de portier de son palais.

Dans le troisième tableau, dix ans encore auparavant, Sabetay est le très bon élève du rabbin Avraam avec la complicité duquel il se sent des ailes : et s’il était lui, Sabetay, le messie ? lui dit une voix intérieure. Il demande au rabbin comment il doit se comporter dans cette nouvelle circonstance…

Les dialogues sont vifs, bien conduits, l’action ne traîne pas. La vérité historique n’est pas malmenée.

La pièce met en œuvre cinq personnages principaux : Sabetay, le sultan, un jeune ministre, Sara, l’épouse de Sabetay, Nathan son prophète-propagandiste, et quelques comparses.

Quel groupe d’étudiants, en France, aux États-Unis ou en Israël aurait envie, après avoir pris connaissance du texte, de monter ce spectacle attrayant ?


Jean Carasso

Comments