Neue Romania Judenspanisch II* & Cahier d’Etudes maghrébines**

Nous avons aussi examiné avec un intérêt tout particulier que chaque lecteur peut comprendre, deux revues nous venant d’Allemagne :

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En judéo-espagnol - caractères rachi et latins - en français et en allemand. 1997. Editée par l’Institut de philologie des langues romanes de l’Université Libre de Berlin (n° 19).
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N°10, 1997 / tome 1 : Les Séfarades
Pour tous renseignements et commandes (140F pour ce n°), s’adresser à Lucette Heller-Goldenberg au Romanisches Seminar der Universität Köln
Albertus Magnus Platz
D 50923 Köln.

Il ne s’agit plus ici, comme dans le cas précédent, d’une revue pour le grand public, mais au contraire d’un recueil d’études offert par des chercheurs. Le responsable, Winfried Büsse, en explique le fil conducteur dans un avant-propos. Il expose aussi que le premier tome de ce travail est paru en 1994.

Ce recueil, entièrement consacré à la langue judéo-espagnole, commence par un extrait du Nuevo silaberyo espanyol de Konstantinopla de 1922 réédité par Haïm Sephiha, avec une trentaine de pages de fac-similé, et se poursuit par une étude d’Aldina Quintana sur les variantes de ladite langue en divers lieux des Balkans et de Turquie.Une intéressante carte régionale illustre graphiquement ces variations. L’étendue de la bibliographie est impressionnante !

Heinrich Koehring présente en bilingue un passage du Me’am Lo’ez, édition de 1730 à Constantinople : judéo-espagnol-hébreu de l’édition originale, et allemand pour les lecteurs de la revue. Le tout encadré de remarques et nombreux éclaircissements. Le texte bilingue lui-même occupe 64 pages de la revue. Sur son érudite lancée, il poursuit le même travail sur un passage de la Bible de Constantinopole, édition de 1739/1745.

Haïm Sephiha résume ses recherches sur le judéo-catalan calque, symétrique du judéo-espagnol-ladino calque, et Marie-Christine Varol étudie l’expression de la mort en judéo-espagnol d’Istanbul.

On ne reprochera pas à la responsable de cette revue la moindre ambiguïté sémantique, le moindre amalgame... Elle nous informe d’emblée qu’elle consacre ce numéro aux Sépharades de culture et de langue hispanique, et le numéro suivant à la culture des juifs du Maghreb.

Elle a bien du mérite, Lucette Heller, d’avoir su réunir, depuis l’Allemagne, en ce volume grand format de 180 pages, une telle palette d’articles, soit originaux, soit textes de conférences données à Cologne et concernant notre culture !

Nous avons apprécié en particulier un texte vivifiant de Juan Goytisolo sur l’“Espagne mudejar” et le multiculturalisme, une étude d’Alfred Goldenberg sur le Musée Historique Juif d’Amsterdam et une autre du même auteur sur les Juifs du Comtat Venaissin et leurs attaches sépharades. Cette dernière est complétée par un travail de Georges Jessula sur Armand Lunel.

En trente pages, Edgar Morin confie du nouveau sur ses ascendants et son environnement culturel, même à ceux qui sont familiers de son livre “Vidal et les siens”. Henri Nahum, dont nous avons commenté récemment le livre sur Smyrne, expose ses recherches et répond à quelques questions, tandis qu’Ursula Egyptien nous entretient longuement d’ “Albert Cohen, un Sépharade de Corfou”.

A la fin de chaque article sont réunies des notes et une bibliographie.



Pour ces deux revues, Jean Carasso


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