Musique : Kerensya sefardí Tradicion musical de los judios españoles - Angel Carril

1997 Several Records, Matilda Hernández 31 E 28019 Madrid.


N
ous avions déjà fait la connaissance d’ Angel Carril à la réception d’une gravure précédente (voir LS 12 de décembre 1994).

Ce nouveau disque conforte nos premières impressions, même si la prononciation d’Angel est plus proche du castillan que du judéo-espagnol balkanique : il dit pese et non péché, pasarico et non pacharíco. Mais peu importe : sa belle voix grave est toujours aussi chaleureuse, dans une berceuse par exemple, comme Durme mi angelico, et son accompagnement instrumental parfait. Toujours le même étonnement à entendre une berceuse populaire chantée par une voix d’homme, aussi belle et grave… (voir plus haut l’article de Sandra Bessis).


El prisonero chantée lentement, est bien émouvante, d’autant qu’Angel nous apprend, dans son superbe livret, qu’elle est déjà documentée en 1511 ! El destierro de Castilla, traditionnellement chantée le 9 Ab - anniversaire de la destruction du Temple et de l’expulsion d’Espagne - est solennelle et impressionnante.

Le disque s’achève sur une chanson que nous ne connaissions pas : La muerte del principe Juan, ce fils des Rois Catholiques mort à Salamanque à 19 ans .1

Quant au livret, c’est un modèle; il est original et passionnant : textes des chansons et remarques historiques, méthodologiques se succèdent, ces dernières exposant les sources, la signification des mots étrangers (pour un auditeur espagnol).



On perçoit très bien ici qu’Angel Carril est un universitaire de haut niveau, directeur du Centre de Culture Traditionnelle de Salamanque. Il travaille, publie et chante d’autres traditions musicales aussi, ce qui lui a acquis une grande ouverture, une belle expérience ! Il explique que, dans le strict respect mélodique et littéraire des versions recueillies, il s’efforce de restituer des exécutions contemporaines. Merci !

Nous réitérons notre impression d’il y a quatre ans : vous avez bien gagné votre place parmi les classiques de ce folklore, Angel Carril.

Jean Carasso

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