The synagogues of Salonika and Veroia from Elias Messinas with the assistance of Ion Vassiliadis

Une chose est sûre: jamais ce livre ne serait venu jusqu’à la “Lettre Sépharade” sans la persévérante gentillesse de notre  lecteur libraire  à Mayence qui  nous l’a offert :  Christof Jung. Une fois de plus,  qu’il en soit remercié !

En grec et en anglais. 1997 Gavrielides édit.  Fineas Publishing House 116 Odos Aristotelous  GR 104 34 Athènes.
158 pages, nombreuses illustrations, répertoire, glossaire, bibliographie.


Ce livre constitue un répertoire aussi bien présenté qu’ illustré des 59 synagogues et oratoires qui existaient encore à Salonique en 1941, avant l’entrée des Allemands dans la ville.

Lorsqu’il y a six ans Elie Carasso diffusait sous forme de brochure un texte de Michaël Molho qu’il avait fait traduire : “Les Juifs de Salonique à la fin du XVIème siècle”1, la curiosité fut grande pour chacun de nous de trouver le nom de ses aïeux ou de ses amis dans les listes des fondateurs - des re-fondateurs pourrait-on exprimer - des synagogues ibériques abandonnées là-bas et recréées ici.

Le livre de Messinas s’inscrit dans la même veine. Après nous avoir retracé l’historique de la ville et décrit les trois synagogues - romaniote, achkénaze et provençale - qui existaient à Salonique avant l’arrivée des hispanophones, il reprend une à une l’histoire de toutes celles qui furent installées depuis 1492, et en offre une explication documentée.
Le mérite particulier de Messinas est d’avoir retrouvé un document inédit daté du 10 décembre 1919, mentionnant le nom et l’année de naissance des divers hazanim qui officiaient cette année-là dans chacune d’elle.
Et chacun de nous retrouvera là des noms familiers :

à la Mayor, fondée dès 1492 par des Majorquins, les officiants de 1919 étaient : Haïm Yosef Levi (1895), Samuel Saül Benmayor (1892), Aaron Yaakov Nahmias (1895) Yaakov Solomon Nahmias (1895) et Eliahou Moïs Fransès (1880).

tandis qu’à l’Estroug, établie au XVIème siècle par des membres dissidents de la synagogue Otrante, menés par les familles Estroug et Carasso, les officiants en 1919 étaient Yosef Moïs Cohen (1884), Angel Haïm Carasso (1887), Mazliah Isaac Carasso (1897), Ovadia Yesua Carasso (1895) et Eliahou David Carasso (1893).
Vous remarquerez que tous ces hazanim sont jeunes : leur âge moyen est inférieur à trente ans ! Qui retrouvera son père ou son grand-père dans cette liste ?

L’auteur nous promène donc dans la Salonique et la Veroia - à 70 kilomètres à l’ouest de la précédente - d’avant la guerre, Veroia avec son quartier typiquement juif de Barbouta bien conservé, toutes deux villes liées par le souvenir du passage de Saül de Tarse. Il nous indique lorsqu’il les connait les diverses localisations de ces synagogues au fil des incendies2 et des reconstructions, en général ailleurs pour Salonique, mais souvent au même endroit à Veroia.
Un très beau livre bien illustré, combien nostalgique...3

Jean Carasso
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