Éditorial


Nous avons exposé dans notre n° 22 pourquoi l’Inquisition a tenu une grande place dans la fondation de notre culture sépharade, c’est une évidence dramatique.

Après avoir, sous la signature de la spécialiste Michèle Escamilla-Colin, examiné successivement deux livres fort importants du fonds Nahmias qui nous ont été offerts : le “Réglement du Saint-Office de l’Inquisition au Royaume du Portugal”, de 1640 (dans la LS 22) puis le plus grand auto-da-fe de l’Histoire, celui de 1680 à Madrid (dans la LS 23) nous complétons ce dossier par deux articles exprimant cette fois le point de vue des victimes de cette Inquisition. En effet si les archives très bien tenues par les inquisiteurs sont familières aux spécialistes - du moins celles d’Espagne, car celles du Portugal ne sont encore que peu exploitées - le vécu des victimes est par hypothèse très peu connu : l’obligation du secret, l’impossibilité d’écrire en prison pour des gens souvent modestes font que de tels témoignages sont rares.

Nous analyserons dans cette édition deux témoignages : l’un d’un Espagnol judaïsant et condamné comme tel, l’autre d’un commerçant protestant anglais qui a dû à cette nationalité un traitement relativement favorable et un élargissement au bout de huit mois tout de même...

Ce dernier livre, édité à Londres en 1723 provient du fonds Nahmias.

Nous ajoutons un bref commentaire sur le livre d’un historien espagnol contemporain qui éclaire sous un jour économique bien des activités de l’Inquisition. Dans la prochaine parution, nous examinerons une conséquence plus tardive des conversions forcées.

Plus loin dans ce présent numéro nous poursuivons l’étude commencée dans le précédent sur l’attitude des gouvernements ibériques confrontés à la Choah. Il s’agit cette fois-ci du Portugal.

Nous analysons, comme d’habitude, quel-ques bons livres reçus, ainsi que les actes de deux colloques, l’un sur Cervantès ayant étudié, entre autres, sa vraisemblable origine juive, et l’autre sur les Juifs de Turquie en diaspora.

Puis trois témoignages, trois itinéraires variés bien sûr, mais si semblables en bien des points... et un itinéraire américain, si différent celui-là !

Vous ne serez pas surpris de trouver à la suite plusieurs pages en lingua muestra, au moment où les pouvoirs publics israéliens annoncent officiellement la création dans leur pays d’une “Autorité Nationale pour la Culture Judéo-Espagnole en Israël” présidée par Yitshak Navon, ancien président le l’Etat et lui même locuteur très familier de la langue.

La Rédaction
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