Musique : Coplas sefardies, primera seleccion (en espagnol) - Elena Romero

Ediciones El Almendro,  E 14006 Cordoba. 1988.

Puisque nous évoquions, à propos du disque précédent, l’œuvre considérable d’Elena Romero qui a initié pratiquement tous les interprètes contemporains de coplas i canciones, c’est le moment de citer son livre de référence que nous n’avions pas eu l’occasion de commenter jusqu’ici.

Dans son introduction, Iacob M. Hassán commence par définir le sujet : “Que sont les coplas ?” et reconnaît que la réponse n’est pas simple mais doit cumuler plusieurs critères :

Les coplas sont des poèmes strophiques à contenu narratif ou descriptif, à rimes généralement consonantes. De plus les vers sont de type acrostiche, c’est à dire que la première lettre de chacun, en lecture dans le sens vertical, forme une phrase comportant un sens. Mais comme il s’agit souvent dans l’original de lettres hébraïques, la transcription en espagnol masque souvent ce sens, qui reste parfois perceptible, parfois non.

Les plus anciennes coplas sont d’ère médiévale, cela se recoupe, bien que les transcriptions les plus anciennes soient rarement datées. D’autres sont postérieures à l’exil d’Espagne. Il s’en est composé jusqu’à récemment, souvent sur des modèles anciens.



     Les plus anciens textes recueillis, toujours en langue espagnole, sont composés en caractères rachi, éventuellement en graphie cyrillique, hellène ou latine.

Après une étude générale du contenu, Iacob Hassán nous entretient des auteurs, dans les rares cas où ils sont identifiables, et finalement nous indique les principes de transcription en espagnol contemporain.

Puis Elena Romero étudie les vingt coplas de cette première sélection, depuis La noche de alhad jusqu’à Los guisados de las berenjenas dont nous avions affirmé à nos lecteurs (LS 16 de décembre 1995) qu’il n’en existait pas de version écrite au moment où Susana Weich-Shahak, de la phonothèque d’Israël, l’avait recueillie en fin des années 1970 de la bouche de son informatrice Rosa Avzaradel. Mais il s’agissait probablement de la mélodie, et non du texte.

Or Elena Romero en a trouvé deux versions imprimées à Sarajevo en 1702 et 1794... il s’agit de trente-cinq manières d’accommoder les aubergines, ce légume si répandu et apprécié en Orient méditerranéen...


      Voici la 21ème recette par exemple :
La de vente y uno las hacía bula Ribcula de Calderón
buracadas a la larga al modo de un macaron
con cebolla y almendra las hacía un torón
y sofritas con gordura las llamaban baldarón

  ...à vos fourneaux..!

Jean Carasso

Le livre comporte une importante bibliographie et un lexique très complet des paroles expliquées en note à leur place dans le texte. 
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