Musique : Fortuna


Fortuna est une comédienne superbe, talentueuse compositrice, et excellente interprète de surcroît. Elle organise des spectacles, met en scène, compose et chante entre autres des chants judéo-espagnols quelquefois classiques, mais le plus souvent inédits.

Elle a pour cela réuni un véritable orchestre de treize musiciens et, à entendre certains des airs enregistrés dans ce disque compact intitulé Mediterrâneo1 on se prend à regretter que la bande sonore ne soit pas une bande vidéo tant il est de joie endiablée dans les danses qu’on doit se contenter d’imaginer.

Le n° 4 par exemple, Bre Sarika bre - la courtisée refuse une proposition pourtant intéressante...- ou le n° 14 : Barminán, très amusante, dont les refrains sont repris par un chœur d’hommes, sont superbes dans leur genre.

Halelu’ya (n°2), ou la n° 5  Joli joli, - la scène se passe sur une balançoire - et que nous trouvons la meilleure du lot, sont toutes deux rythmées en valse lente d’orchestration plus sobre.

Fortuna s’essaie aussi à mettre en musique un Shema (Deutéronome VI 4-9) et y parvient harmonieusement, avec élégance.


Un petit défaut de cette abondante orchestration, observé par exemple sur la n°11 : Desde hoy la mi madre, est que le studio d’enregistrement faisant écho et la prise de son favorisant l’orchestre, on n’entend que peu la belle voix de Fortuna et on ne comprend assurément pas les paroles sans suivre le texte sur le livret.

Nous avions déjà évoqué ce point dans notre commentaire sur ses deux premiers disques, dans notre n° 13 de mars 1995.

Et pour en revenir à notre assertion première, la n° 13 Me vaya kappará est un vrai spectacle chanté, proprement de comédie musicale.

A propos, Fortuna, à quand votre spectacle musical en Europe ?

Jean Carasso



Notre lectrice Angèle Perla Saül vient d’assister récemment à l’un des concerts offerts par Marlène Samoun à Paris - que nous annoncions dans la LS précédente - et nous offre ici ses impressions; mieux que ses impressions, elle nous fait part du retentissement profond en elle, ce qui nous incite à publier son texte :


Le chant de nos racines.

Par la voix chaleureuse de Marlène, Moïse a parlé et a dit : “ ...laisse partir mon peuple...”. Et ce fut l’enfantement des chants hébraïques en terre de Canaan; puis le peuple s’est dispersé, semant au fil du temps les chants judéo-espagnols de Turquie et du Maroc, chants yiddich et judéo-arabes.

Et ce soir-là Marlène les a tous rassemblés, nous a tous rassemblés et nos racines ont vibré.

Violon, guitare, derbouka, contrebasse enveloppèrent à la nuit tombante ces mélodies du passé réactualisées avec un brin de modernité et d’improvisation.

Ce voyage continu d’un espace à l’autre m’a redonné conscience que ce “moi-pluriel” faisait partie intégrante de mon unité intérieure, de mon âme juive.

Merci à Marlène et à ses musiciens.”


Angèle Perla Saül
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