Salonique


D'une  communication  présentée le 8 janvier 1996 par Bernard et Claude Lévi au Cercle de Généalogie Juive de Paris, intitulée : “Zadoc Kahn et une lignée de rabbins alsaciens dans la cité” (Zadoc Kahn était l' arrière grand père de Bernard et Claude), nous extrayons le passage qui suit :

 Le rabbin Israël Lévi, (gendre de Zadoc Kahn), alors que deux de ses fils étaient mobilisés et que son gendre venait d'être tué au front, fut chargé en novembre 1915 d'une mission à Salonique. Pour lui permettre de l'accomplir, on l'accrédita en tant qu'aumônier volontaire à l'Armée d'Orient. Pourquoi? Son fils Robert s'est souvenu de cet épisode et apporte la réponse suivante :

“A l'automne 1915, les armées alliées qui combattaient en Serbie avaient subi une grave défaite à la suite de l'entrée en guerre de la Bulgarie; l'armée serbe éliminée, il ne restait au contingent franco-anglais (presque uniquement français) qui avait fait retraite au sud-est de la Serbie, qu'à s'organiser en camp retranché autour de Salonique en attendant des jours meilleurs. Or la Grèce, dont cette partie du territoire était ainsi occupée n'était pas en guerre avec les Austro-Allemands.

C'est alors qu'on conçut l'idée d'envoyer une mission à Salonique pour rallier à la cause des Alliés la communauté juive de cette ville et par là le gouvernement de la Grèce. Cette mission fut formée en quelques jours et prit le départ en fin novembre. Elle était composée d'Israël Lévi, aumônier militaire, d'Henri de Rothschild, médecin militaire et de Léon Zadoc Kahn, médecin militaire.
Ainsi la mission put se rendre en Grèce par un navire-hôpital, le Sphinx, qui ne fut pas pris pour cible par les sous-marins allemands. Ceci m'a valu (ajoute Robert) de déjeuner à Marseille avec mon oncle Léon et mon père, également porteurs de trois galons.

La mission obtint un plein succès; peu après, l'entrée en guerre de la Grèce marqua le creux de la vague, après quoi l'armée française reprit du terrain et pourtant, lors de l'arrivée de mon père, d'après ce que celui-ci m'apprit plus tard, le général Sarrail commandant en chef de l'armée du front oriental se montrait très pessimiste. Ce fut pourtant par ce secteur que commença la défaite des Austro-Allemands”.
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