Itinéraires sépharades - Joseph Lévy et Yolande Cohen


L’ouvrage, relativement court - 196 pages - et qui porte en sous-titre “1492-1992, mutations d’une identité”, a été publié en 1992 à Paris, aux éditions Jacques Grancher dans la collection “Ouverture”. Cette collection didactique où les textes sont construits sous forme de questions-réponses précises a déjà publié plusieurs  autres ouvrages traitant des grands mouvements du judaïsme : “La cabale”, de Charles Mopsik, “Le sionisme” d’Henry Bulawko, “Le talmud”  de Raphaël Cohen.

L’étude de J. Lévy et Y. Cohen, deux jeunes professeurs de l’Université du Québec à Montréal, comme celle de Joseph Toledano présentée dans le numéro précédent, offre un bilan de l’histoire des Sépharades depuis les origines jusqu’à nos jours, mais ces “Itinéraires” sont essentiellement consacrés aux auteurs et à leurs œuvres. L’initiative de privilégier les écrits sans hiérarchie de genres doit être saluée, car elle met bien en évidence la richesse et la diversité d’intellectuels qui, depuis le Xème siècle, n’ont cessé d’apporter dans les langues diverses comme l’hébreu, l’arabe, l’espagnol, l’italien, leurs contributions à tous les domaines de la pensée. On voit ainsi défiler une pléiade d’œuvres de poètes, de commentateurs bibliques, de cabalistes, de traducteurs, de grammairiens, de médecins, de géographes, connus et moins connus, que nous vous laissons le plaisir de découvrir.

La très longue galerie de noms et d’œuvres évoqués n’a rien de fastidieux, et donne au contraire envie d’en savoir davantage sur chacun d’eux. Ainsi par exemple, après avoir fermé ces “Itinéraires sépharades” nous aurions aimé lire les Dialoghi di Amore de Yéhuda Abravanel pour lesquels J. Lévy et Y. Cohen précisent qu’ils ont été traduits en hébreu et en français (page 78) ou encore des écrits de Grace Aguilar ou de Abigail Abarbanel Lindo dont il est dit qu’au XIXème siècle elles insistèrent sur l’importance de l’apprentissage de l’hébreu comme langue internationale de communication entre les communautés juives (page 119). Malheureusement les auteurs ne précisent pas toujours les titres des œuvres qu’ils évoquent, pas plus que leurs lieux et dates d’édition. Et c’est là le principal reproche que nous ferons à cette étude par ailleurs accompagnée d’une riche bibliographie critique, mais qui n’offre pratiquement aucune référence précise des œuvres citées.

“Itinéraires sépharades” reste donc une excellente introduction à la vie intellectuelle sépharade à travers les siècles et les pays. Les lecteurs rendus curieux par cette introduction et désireux d’accéder directement aux œuvres devront poursuivre leurs propres recherches. Pour cela ils pourront utiliser avec profit des études plus spécialisées que Joseph Lévy et Yolande Cohen ont pris le soin de rassembler dans leur importante bibliographie thématique (pages 179-192).

Michèle Bitton











Poursuivant l’exploration des livres consacrés 
aux Sépharades sur les rayons de la bibliothèque de l’IECJ1Michèle Bitton a élu pour le présent numéro de la LS le nouvel ouvrage analysé ci-contre.

1(Institut d’Etudes et de Culture Juive.)  Bibliothèque de Section des Etudes Juives, 29 ave. R. Schuman 13621  Aix-cedex 1.  Tel. 42 95 32 55. Durant l’année scolaire, consultation ouverte à tout public, prêt réservé aux étudiants.

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