Revues : Χρονικα - Cronica n°140 et n°141

 (en grec)

Vital Eliakim a feuilleté pour nous selon sa bonne habitude, la livraison de novembre-décembre de la revue (n° 140) ; il a noté l’intérêt particulier de deux articles :

La tragédie de lextermination des juifs de Janina.

Dimitris Koratis raconte ses souvenirs denfant dans la ville de Janina pendant loccupation allemande. Lauteur, un Grec orthodoxe, se souvient du bouleversement de la population lorsque les nazis s’apprêtaient au printemps de 1944 àporter ses concitoyens juifs avec lesquels elle avait toujours vécu en parfaite intelligence. Chacun essaya alors, mais souvent en vain, de sauver des amis qu’il côtoyait tous les jours.

Et le 25 mai ce fut la grande rafle du quartier juif et il se souvient de la peine des gens devant le regroupement des Juifs sur la place centrale et leur chargement sur des camions et leur départ vers la mort.

Il est encore aujourd’hui hanté par ces images déchirantes.

 

Une synagogue à Sarajevo1  

La vieille communauté juive de Sarajevo lutte pour sauvegarder son héritage.

Le présent article de Marcus Tanner a é transmis à la revue par le réseau Internet, et traduit en grec à Athènes.

Un poste radio-émetteur installé dans une synagogue de la ville fut, pour des milliers de Serbes, de Croates, de Musulmans et de Juifs lunique liaison avvec leurs proches hors de la ville assiégée, en Bosnie, en Serbie ou en Croatie.

Leurs messages permirent aux assiégés de faire savoir aux parents quils étaient encore en vie malgré les privations et les souffrances.

Cette vieille synagogue de couleur ocre construite en 1902 est toute proche des cathédrales catholique et orthodoxe ainsi que de la grande mosquée aux fins minarets élancés. Elle na jamais été aussi fréquentée que depuis la guerre civile. Pendant qu’à l’étage on émet en radio sans interruption, le rez-de- chaussée se remplit de monde car on y sert le repas quotidien à 320 personnes sans discrimination que ce soit. Dans la pharmacie juive toute proche se presse également une foule de clients car elle est la mieux approvisionnée de la ville. Cette assistance est assurée par lAssociation juive “La Benevolencia”2.


Cette grande activité caritative masque le déclin et la mort lente dune communauté jadis prospère qui ne compte plus aujourdhui malheureusement qu’à peine un millier d’âmes. 

Ce fut une grande communauté sépharade fondée au XVIème siècle au sein de lEmpire ottoman par les réfugiés dEspagne. Elle fut décimée lors de la Choah et la plupart des survivants émigrèrent dès 1948 en Israël. Pourtant, et malgré la guerre civile, la communauté célébra en 1992 le cinquième centenaire de lexpulsion par de nombreux débats sur les ancêtres et l’âge dor espagnol. Bien des personnes âgées parlent encore le judéo-espagnol3.

La Communauté possède un véritable trésor culturel, cest la fameuse et vénérable Haggadah enluminée, dite justement “de Sarajevo”....

Comme les autres populations de la ville, la communauté de Sarajevo est scindée : des parents se trouvent de chaque côté des lignes. Le cimetière juif, lui-même sur la ligne de front, eut souvent les honneurs des journaux télévisés, ayant fréquemment été le théâtre de durs combats. Mais - et cest une consolation pour la communauté - aucune partie en cause ne l’a rendue responsable des événements, et cest bien la première fois dans lhistoire longue et tourmentée du peuple juif...

Bien au contraire, sa neutralité dans le conflit lui assure le respect de toutes les parties et lui permet de venir en aide aux populations.

Tout récemment, elle a encore pu faire venir 130 fauteuils roulants offerts presque exclusivement aux invalides non-juifs, surtout Musulmans, ce qui offre dune certaine manière aux Juifs loccasion de sacquitter de leur dette envers ces derniers qui sauvèrent de nombreux coreligionnaires durant loccupation nazie.

En dehors de la capitale, il existe encore un certain nombre de petites communautés dispersées. Leur avenir semble incertain dans une Bosnie éclatée en mini-états religieux et ethniques... Malgré leur faible nombre, les juifs assument d’une certaine manière lidentité bosniaque, à travers la multiplicité ethnique.

Nous sommes le sel dun pain” disent-ils, “dont la farine, la semoule et le levain seraient respectivement les Serbes, les Musulmans et les Croates”.

Compte rendu et sommaire non exhaustifs


Vital Eliakim


La livraison de janvier-février 1996 de la même revue (n°
 141) offre divers articles portant sur :

- la communauté juive de Thèbes du XIème au XVème siècle.

- le sauvetage d’
une famille juive à la maison de retraite d’Athènes.

- l’
arrestation des Juifs de Janina le 23 février 1944, selon des rapports allemands inexploités jusquici.
Sommaire non exhau
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