Brèves : Le cimetière juif de la rue de Flandre à Paris


Cest une grande satisfaction de bénéficier de lecteurs attentifs ! Lisez un peu : dans le numéro 6, de juin 1993, nous avions publié un texte que Martine Carasso nous avait fait parvenir concernant ce cimetière quasi inconnu de la rue de Flandre où, dès 1691, furent inhumés des “Portugais”, nom sous lequel pendant plusieurs siècles furent tolérés à Paris des Juifs expulsés dEspagne, ayant souvent transité par le Portugal et résidant fréquemment à Bayonne ou dans les environs.

Et notre article se terminait ains
i :
Quelquun de nos lecteurs parisiens, hébraïsant, ira-t-il un jour relever les noms sur les tombes de ces proprement Sépharades ? Nous publierions volontiers ce relevé.  Et dix-huit mois plus tard, Aline Carasso (sans lien de parenté avec la précédente ni concertation) nous envoie le procès-verbal de la séance du lundi 3 mars 1986 de la “Commission du vieux Paris” qui offre une masse d’informations sur la création et les avatars de ce cimetière ayant dailleurs émigré à quelque distance entretemps après profanation, quasi introuvable car totalement clos de murs à présent.
 En 1770 donc, trois communautés parisiennes tolérées voulaient inhumer leurs morts. Leurs représentants (syndics) étaient Goldschmidt pour les “Allemands”1, Salom pour les Avignonnais et Péreire pour les “Portugais”. Cerf-Berre s’y joignit bientôt, représentant les Lorrains. Les négociations furent longues, entre les syndics entre eux pour la répartition de la charge financière puis avec le Préfet de Police Lenoir, et naboutirent quen 1780 à la création dun cimetière proprement “portugais” sous la responsabilité de Péreire . Nous apprenons que les communautés juives de Bayonne, Amsterdam, La Haye et Marsen contribuèrent financièrement, ce qui nous montre incidemment la proximité affective encore à cette époque entre les émigrés dEspagne résidant ici ou là !


Et, en annexe, le relevé
 des tombes effectué en 1886 par Léon Kahn nous permet de retrouver des noms, ce qui était le propos de notre enquête...

Nous notons donc, par ordre alphabétique et non chronologique, ce dernier restant parfois incertain, peu lisible : AbadyCavaillon2, Dacosta, Dalpuget, Henrique, Itourah, Lagonna3Laguna (de Bordeaux), Léon, Nonez, NunèsPattoPereiraPerpignan4Ravedaya (d’Avignon), Ravel (l’un de Bordeaux, lautre dAvignon), SalomSilveyra.
Combien subsistent de ces noms plus ou moins sépharades dil y a deux siècles5 ?

 Jean Carasso
Comments