The Tribe of Dina A Jewish Women’s Anthology


Notre lectrice du Massachusets, Rita Arditti nous fait parvenir un recueil collectif :

 The Tribe of Dina 
A Jewish Womens Anthology 

à la rédaction duquel elle a participé, ouvrant même le volume.
Il s’
agit dun ensemble darticles publiés en 1986 dans un journal, recueillis dabord en volume par les animatrices, puis réédité en édition augmentée par Beacon Press à Boston1.

La présentation, aussi originale que pertinente sappuie sur Genèse 34:

Dina , fille de Léa et Jacob est la sœur des fondateurs des douze tribus dIsraël, seule fille.

Et elle sort de la maison de son père, à la recherche d’autres filles/femmes. Que désire-t-elle ? Que recherche-t-elle ? Qua-t-elle à offrir aux autres ? Les atteint-elle avant que Shekhèm la prenne ? Le séduit-elle ? La viole-t-il ? Parle-t-elle aux autres femmes ? Se racontent-elles des histoires ?  Et elle, Dina, demande-t-elle quelque chose à son père, loin de ses frères ? Aurait-elle aimé des sœurs, des filles, pour fonder une Tribu de Dina ?


Rien, les textes ne disent rien, ni paroles ni allusions : seulement ce que les hommes sentent, pensent, désirent : “leur femme, leurs sœurs parfois souillées ; prendre, force, violence”.

Le livre sarticule en chapitres homogènes :

- Ce que disent mes ancêtres (quatre contributions, dont celle de Rita).

- Les femmes dans notre famille (quinze contributions).

- J’appartiens à la présente génération (treize articles).

- Le lot de la femme revisité (essais et récits).

- Ce que dit la femme juive (poèmes, lettres, rencontres en Israël).

- Du pain et des roses (essais et réflexions).

Les signataires sont des Ashkénazes, représentatives du judaïsme américain et Rita, Sépharade de lempire ottoman. Fille de Jacques Arditti et Rosa Cordovero quelle décrit comme des gens simples formés aux écoles de lA.I.U., francophones et polyglottes quoique peu cultivés, née en Argentine et venue aux USA en 1965 après des études en Europe, elle expose la difficulté de se faire reconnaître comme juive autre aux USA.


Elle y est enseignante et co-fonda une librairie féministe à Cambridge (Ma). Sa contribution, pleine dhumour avec le recul du temps, expose bien la situation des “filles à marier” dans les familles traditionnelles de l’époque de sa jeunesse : lidéal, pour les parents, est que leurs filles deviennent des hanum... Les hommes prendraient soin d’elles...

Dans une bonne partie des contributions les expressions en yiddish, pleines de saveur, agrémentent le texte américain.

La tonalité générale du livre ne montre pas dagressivité contre les hommes, mais une affirmation simple, solide, du monde féminin qui porte en soi ses propres valeurs et doit les affirmer.

Une lecture riche, variée, souvent amusante, parfois touffue, mais matière à réflexion.

JC
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