Courrier

Ruth Chava, professeur d’Histoire à Yad Vashem (département “Education”, Boite postale 3477 Jérusalem 91034, Israël) nous prie de faire savoir quelle cherche des contacts dans les grandes villes françaises, en milieu juif ou non, pour organiser des séminaires d’études à Jérusalem sur l’antisémitisme, la Choah.  Demandez-lui directement les conditions.

Mireille Mazoyer-Saül et David Benbassat-Benby ont aidé à la composition de ce numéro, et l’ont intégralement révisé,  Mireille pour la partie rédigée en français, et David pour lensemble. 

Kada dia kon su maraviya :


Erensya sefaradi,
( proverbos i ditchas)

par Klara Perahia, Suzi de Toledo, Suzi Danon, Fani Ender.
 
Parmi nos lecteurs dorigine sépharade, sen trouve-t-il un seul qui ne connaisse un ou plusieurs refranes, vous savez ces proverbes dont nos aïeules, mères ou tantes ponctuent avec à-propos et drôlerie nombre d’événements ou petits faits de la vie ?

Quatre dames et quatre langues, ainsi que l’
aide de la communauté juive d’Istanbul, il nen a pas fallu moins pour rassembler, traduire et présenter cette maraviya de finesse et d’ironie. Les grands anciens : Haïm Vidal-Sephiha, Enrique Saporta y Beja, Moskona, le dictionnaire de Jos. Nehama, dautres auteurs et publications ont été sollicités aussi.

Drôles, sages ou burlesques, les proverbes ont été classés par centres dintérêt. En voulez-vous un qui brocarde lorgueilleux, un qui mette ironiquement belle-mère et bru chacune à sa place, voulez-vous une formule sur l’argent, les riches et les pauvres, la vie ? Vous désirez vous plaindre, ou - qui sait - jurer ? lindex est là.

Voyons la rubrique “misogynie”, page 145, proverbe 6 : Kon la mujer, bive komo el gato kon el perro, conseil imagé s’il en est... “avec ta femme agis comme le ferait un chien avec un chat”. Et après les autres traductions en turc et en anglais, vient heureusement le grain de sel des auteurs : advice not to follow”. Le féminisme souriant est passé par là, ouf, la tradition est bien vivante !

Savourons le proverbe suivant et s
a tendresse moqueuse : La mujer es un mal dulse. Je suis sûre que même nos lecteurs grands débutants auront compris, mais quils se rassurent, chaque proverbe, chaque ditcha (parole, petite expression ponctuant le discours) sont traduits. Le génie de la langue djudia est bien là.

Mettant aussi en scène les autres dans leur relation aux juifs, certains des proverbes sont empruntés au pays où ces derniers ont vécu (Espagne, Grèce, Turquie), presque tous sont le reflet de la vie quotidienne juive, des craintes et des espérances, des aspirations ou des désillusions.

Prétendre à une particularité génétique juive serait contraire à l’esprit duniversalisme qui est le fond même de la pensée hébraïque” écrit Klara Perahia dans sa préface, “...pourtant nous sommes différents, nous avons survécu à 2000 ans d’exil ... le vécu juif est fait dangoisses et dhumiliations, ce qui a développé un mécanisme de défense... d la prudence... poussant au matérialisme...à l’adaptation, mais aussi à la soif de jouissance, au dynamisme, au sens de la responsabilité, au sens moral... inhérent à l’ensemble des hommes mais renforcé chez le juif par un enseignement quotidien : Si no perdonas, el Dyo no te perdona”.

Lisez ce livre, conservez-le près de vous, consultez-le, offrez-le, cest un régal.

Mais je m’
arrête car Poko avlar, salud para lalma  (page 223). Parler peu est salutaire pour l’âme, toute une philosophie.

 Mireille Mazoyer-Saül
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