Adieu à Zette Chabert


Sa modestie en aurait évidemment souffert, mais nous ne pouvons pas ouvrir ce numéro 10 sans évoquer la personnalité de Zette - c’est ainsi quon lappelait affectueusement - qui vient de s’éteindre, tant elle fut importante, essentielle, pour la Lettre Sépharade” dans les premiers temps de notre aventure éditoriale.  

Lorsqu’au printemps 1990, grâce à Edgar Morin, je fis la connaissance dElie Carasso, très rapidement nous décidâmes ensemble de traduire du grec - presque pour notre information personnelle - une brochure dAsher Moïssis qui nous venait de Salonique, intitulée : Les noms des Juifs de Grèce.

Notre amie Lucette Vidal assura cette traduction. Ce texte ainsi rendu compré-hensible à chacun nous apparut fort intéressant et nous en étions à nous demander comment en financer une édition à très faible tirage (une centaine dexemplaires ?), peut-être par souscription. 

Comment procéder ? Ni Elie ni moi navions de compétence ni dexpérience particulière dans ce domaine...

Nous nous en sommes ouverts à quelques amis, demandant conseil entre autres à Mario Carasso, ancien journaliste.

Celui-ci, reçu chez Zette dans les jours suivants, lui raconta lanecdote.

Et Zette, qui n’avait jamais entendu parler de nous, qui ne savait pas qui nous étions, qui navait pas vu le texte, commanda - chèque à l’appui - trente exemplaires de limprobable brochure, et ses amis présents à la réunion, une dizaine dautres.

Elie et moi étions “piégés”, en quelque sorte contraints d’aboutir, et la brochure fut distribuée en octobre et peu à peu diffusée à 800 unités dont il ne reste plus une seule.


Zette nous avait lancés , offrant à ses amis les exemplaires auxquels elle avait souscrit.


 Plus tard, à l’automne 1991, à l’issue dune fête des premiers souscripteurs donnée à Paris, la décision fut prise d’éditer un disque de chants judéo-espagnols interprétés par Sandra Bessis qui nous avait régalés, et un bulletin de liaison qui, ultérieurement devint la présente Lettre Sépharade”. Et dans les deux cas Zette agit de même, incitant avec gentillesse, préfinançant dans la totale discrétion, offrant plus tard généreusement à ses amis disques et abonnements.

Adieu Zette et merci encore. Vous n’êtes pas près de mourir dans notre souvenir.

 Jean Carasso

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