Actuelles Bienvenida sea la rezin nasida Union Mundial del Djudeo-Espanyol

Agora ke ya se metio 
« la kampaní
a al gato (al tiempo)»
se trata de ovrar presto antes ke el gato no se la dezate del garon ! 
 

 Le 4 avril marquera dune pierre blanche lhistoire du séphardisme et de la langue judéo-espagnole. Ce jour-là est née en Israël la «Union Mundial del Djudeo-Espanyol» tant souhaitée sans pouvoir la réaliser jusque-là, par tous ceux qui se sentent attachés de cœur et desprit à la langue laissée en héritage par nos ancêtres. Issue d’une journée dintenses enkontros internasionales entre les représentants dinstitutions actives dans ce domaine provenant de plusieurs lieux, - dont éton-namment de Belgrade et Sofia - la création de cette Union Mondiale du Judéo-Espagnol a é approuvée à l’unanimité par les intervenants et la nombreuse assistance qui suivit les débats avec attention.

Depuis le matin les intervenants répartis en divers groupes se succédèrent à la tribune avec leurs exposés fouillés.

Nous essayerons d’analyser succinctement lessentiel de ce qui a été dit au cours des travaux de cette première journée.


Lenseignement du judéo-espagnol 

Cest un vaste et complexe problème par le nombre de ses composantes présentant dans l’état actuel des choses de grands vides à combler :

a/ Uniformiser et standardiser la graphie du judéo-espagnol (caractères latins), condition sine qua non à appliquer partout, afin de rendre cohérent son enseignement moderne.

b/ Réussir une normative de la langue et établir lesthodes denseignement pour cours littéraires et cours académiques.

c/ Produire le matérielcessaire à cet effet, en utilisant aussi les archives existantes en caractères rachi1. 

d/ Organiser des séminaires de formation denseignants à l’aide des moyens modernes (ordinateurs et logiciels appropriés etc.).

e/ ...et bien sûr, recruter ces enseignants, «tâche peu aisée - souligne Moshe Shaul - car la majeure partie de ceux qui se sont intéressés à la pédagogie de la langue ne sont ni juifs ni judéo-espagnols, mais se comptent parado-xalement parmi les chercheurs étrangers».


 La presse judéo-espagnole 

Il sagit en loccurrence de la presse écrite liée à la culture sépharade sexprimant en judéo-espagnol et/ou dans la langue du pays dorigine respectif.

a/ Jose Benaroch nous dit en castillan que «Linea-Directa» de Tel-Aviv explique au public israélien la civilisation latino-américaine.

b/ Salamon Bicerano, du «Salom» d’Istanbul trace, en énumérant les titres, lhistorique de la presse en rachi sous l’empire ottoman et en caractères latins après ladoption de ceux-ci sous le régime républicain. Il revendique pour son hebdomadaire une continuité sans faille depuis 47 ans.

c/ Jean Carasso de la «Lettre Sépharade» dit s’exprimer aussi au nom de ses collègues et amis: «Los Muestros» de Bruxelles et «Erensia Sefardi» des Etats-Unis dont les responsables n’ont pu participer. Il montre quen ce début de troisième année dexistence, la «Lettre Sépharade» trimestrielle se trouve avoir dépassé le seuil de crédibilité et qu’il sefforce de toujours publier un ou des articles en djudezmo.

d/ Au sujet de son périodique semestriel «Aki Yerushalayim» - l’unique revue culturelle au monde publiée exclusivement en judéo-espagnol - Moshe Shaul fait part des problèmes financiers auxquels il sest trouvé confronté en permanence depuis 1979, frisant souvent l’abandon de la publication, aujourdhui heureusement écarté grâce à une promesse d’assistance venant de Californie. Il souhaite une étroite collaboration avec les autres organes écrits de la même catégorie.



 Les programmes de radio

Les titulaires des émissions radio-phoniques «Sefarad» (Radio exterior, Madrid), «Kol Israel» (départements folklore et judéo-espagnol) et «Aadas y Adafinas» (Radio Communauté Juive, Paris) expliquent tour à tour l’esprit et les exigences de leurs pro-grammes.


 Le folklore judéo-espagnol 

Dans ce particulièrement important secteur attrayant par nature, la micro-culture du judéo-espagnol puise et montre indubitablement le meilleur de sa force créatrice et recréative.

a/ Angel Carril - pour la première fois de sa vie en Israël - du «Sentro de Cultura Tradisional» de Salamanca, nous raconte avec émotion quil apprend le judéo-espagnol pour approfondir sa propre culture, car il se sent appartenir à une chaîne culturelle dont il désire se familiariser avec tous les maillons.

b/ Déléguée de la «Fonoteka Israeli» de l’Université Hébraïque de Jérusalem, Shoshana Weich-Shahak souligne la valeur culturelle et pédagogique de la musique. Ashkénaze elle-même, native dArgentine, elle décrit dans un étonnant judéo-espagnol typiquement balkanique sa méthode pluri-disciplinaire de travail dans la recherche dorigine de tel ou tel «kante» et la compa- raison avec d’autres morceaux du répertoire.

c/ Moshe Shaul parle de l’importante collection de «kantes» populaires et autres que l’équipe de «Kol Israel» a rassemblés à partir de la collection dItzhak Levy et des auditeurs : plus de 1500 chansons différentes sur 3000 en tout. Le répertoire en est quasi terminé et sera mis à la disposition de tous.
d/ Matilda Koen-Sarano doit sa célébrité à ses recueils de plus de 1000 «Kuentos» . Elle suggère que ce travail soit poursuivi par tous ceux pouvant le faire auprès des personnes âgées, de préférence en vidéo, et préconise la création dun Centre du Conte Judéo-Espagnol.

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 Au cours du restant de laprès-midi se déroulent diverses interventions sur la création littéraire contemporaine - avec lecture dextraits et poèmes par les auteurs eux-mêmes - et le théâtre damateurs, suivies de projections vidéo.
Sara Benveniste et Yilmaz Benadrete expliquent et regrettent l’
abandon du judéo-espagnol à Istanbul.

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A la table ronde tenue le soir même, Moshe Shaul présente le résultat des travaux de la journée et propose une résolution pour la mise en application dun programme en plusieurs points et la création immédiate de ce qui, après discussion avec les participants, sappellera «Union Mundial del Djudeo-Espanyol».

Il faudra se financer, intéresser pour cela les pouvoirs publics espagnols et israéliens, les associations et les particuliers dans le monde entier, et sefforcer de réunir de nouvelles Rencontres dans deux ans2.

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 Le lendemain 5 avril, réunion informelle et plus restreinte au Musée dEretz Israël. Dans le cadre de lUnion Mondiale du Judéo-Espagnol créée la veille, la décision est prise de constituer dans les meilleurs délais un Comité Exécutif de neuf membres, dont cinq domiciliés en Israël et quatre en diaspora.

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Le soir, dans lamphithéâtre du même Musée, toujours en présence du cinquième président de lEtat dIsraël, Itzhak Navon et du représentant du ministère israélien de lEducation et de la Culture, ainsi que des ambassadeurs de Turquie et dEspagne parmi plusieurs autres, se déroule, sous la direction du président de lAssociation MORIT organisatrice des débats : Gad Nassi , la cérémonie de remise des certificats-diplômes aux diverses institutions qui contribuent à la conservation et la promotion du judéo-espagnol dans les domaines de l’éducation, de la création littéraire et des médias.

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Et pour conclure cet aperçu - qui ne saurait être exhaustif - sur ces Rencontres, quelques réflexions personnelles :

Après avoir miraculeusement résisté contre vents et marées plus de quatre siècles, la langue et la culture emportées dans leur cœur par nos aïeux s’étaient engagées dans une languissante traversée du désert et semblaient sacheminer vers une conclusion inéluctable. La com-mémoration du 5ème centenaire de lexpulsion des Juifs dEspagne en 1492 et la célébration de leur arrivée dans les territoires de l’empire ottoman de l’époque ont ranimé les esprits un peu partout dans le monde et donné lieu à un regain d’intérêt et dactivité dans divers domaines de notre héritage sépharade. Ce fut un coup de fouet salutaire dont les effets risquaient pourtant, une fois l’euphorie passée, darriver à bout de souffle sans pouvoir remettre effi-cacement sur les rails l’héritage en question. Prenant en quelque sorte le relais, lUnion Mondiale qui vient de voir le jour a élaboré un programme ambitieux et ardu. Pour pouvoir le mettre en œuvre elle doit non seulement se procurer les indispensables moyens financiers et autres, mais surmonter aussi les obstacles qui ne manqueront pas de se dresser sur son chemin. Ce nest pas un hasard si cette nouvelle institution a été créée et domiciliée en Israël. Ce pays abrite actuellement le plus fort nombre dhabitants originaires surtout de Turquie et Bulgarie pratiquant encore le judéo-espagnol «balkanique», base de notre micro-culture. (Le maintien de cette pratique est favorisé par la concentration de milliers de locuteurs sur une surface restreinte, Bat-Yam essentiellement.)

Aux forces vives de cette population et à ses dirigeants incombe donc une bonne part de responsabilité pour mener à bien l’action de lUnion Mondiale avec le plein appui de l’Etat dIsraël, en commençant par obtenir de celui-ci la tant attendue acceptation de la langue judéo-espagnole parmi les langues officielles denseignement, au même titre que la été le yiddish.  Qui ne connait la fable des souris qui, se voyant dévorées lune après lautre par le gros chat de la maison, se réunirent en conclave et décidèrent de neutraliser la méchante bête en lui accrochant une clochette au cou ? LUnion Mondiale du Judéo-Espagnol vient daccrocher la sonnette dalarme au cou du TEMPS. C’est lui qui depuis de longues années éliminait inexorablement lun après lautre ceux - et il nen reste plus guère - qui par leur attachement à leur passé ont encore la volonté et la capacité de transmettre ou de faire revivre et perpétuer, chacun selon ses moyens, la langue et lhéritage de nos ancêtres.

Estimados Gad Nassi, Moshe Shaul y todos los poderozos ermanos :

«Agora ke ya se metio la kampanía al gato, se trata de ovrar presto antes ke el gato no se la dezate del garon. Devesh absolutamente reushir la tarea ke tuvitesh el koraje de enkargarvos en metiendo la kampanía al TIEMPO3».  

Cest notre dernière chance.


 David Benbassat-Benby 

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