Brèves : «Histoires des relations entre les Grecs et les Juifs de 1821 à 1945»

Bernard Pierron vient de soutenir en janvier 94 cette thèse de doctorat à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales.
Le directeur de thèse était monsieur Tonnet, les membres du jury mesdames Philippe et Varol, et messieurs Esdrachas, Nahon et Sephiha. Ce jury lui a octroyé la mention “très honorable” et lui a décerné ses félicitations.

 
Ce travail exhaustif (dun millier de pages) est dautant plus appelé à retentissement qu’il nexistait rien de semblable jusquici à la disposition des chercheurs. Nous le commenterons lorsque nous laurons à disposition, et rechercherons un éditeur si telle est la volonté de l’auteur décidé à une adaptation pour le public.
Après une analyse de lidentité grecque et des obstacles que celle-ci peut opposer à l’intégration d’éléments non-orthodoxes, la seconde partie essentiellement historique de ce travail traite dune part de lhistoire des communautés juives de Grèce depuis le soulèvement national contre loccupant ottoman en 1821, et dautre part de l’insertion de la communauté juive de Salonique dans l’Etat grec à compter de l’occupation de la ville en 1912. Les étapes qui ont marqué cette insertion sont étudiées à partir de la presse salonicienne juive de langue française, de la presse grecque, mais également à partir de la législation promulguée par le parlement athénien sur linitiative de la communauté juive salonicienne qui mérite bien dès lors le titre de “communauté pilote du judaïsme grec”.
La thèse sachève sur la période de la guerre et de lextermination des Juifs de Grèce, avec une étude des tentatives occasionnelles et souvent vaines des autorités laïques et religieuses orthodoxes pour les sauver.

Cette histoire des relations entre Juifs et Grecs porte à conclure que si la communauté israélite sest trop souvent heurtée au fanatisme et à l’intolérance populaires, elle a cependant bénéficié des dispositions favorables d’hommes politiques qui lui ont octroyé un statut civique égalitaire bien supérieur à celui des communautés des autres états balkaniques et slaves.
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