Livres : Une diaspora sépharade en transition, Istanbul XIXe - XXe siècles, d’Esther Benbassa, aux Editions du Cerf


Dans le cours du 19ème siècle, le judaïsme ottoman est en perte de vitesse pour des raisons variées, entre autres par manque de représentation auprès des pouvoirs publics. 

Vers 1850, 1860, apparaît un désir de changement parmi les éléments les plus lucides de la population juive, chez les «Francos» (il s’agit des Italiens de grandes familles bourgeoises et commerçantes), promoteurs de l’Alliance Israélite Universelle sur place dès 1863. 

La communauté d’Istanbul, moins importante numériquement que celle de Salonique, mais installée dans la capitale de l’Etat en transformation, est appelée à représenter le judaïsme de l’Empire ottoman et une personnalité plutot «moderne» se dégage : le rabbin Haïm Nahum, officiellement élu en 1908, mais influent bien avant. 


Les réformes vont bon train, au sein de l’Etat ottoman (disparition progressive des discriminations à l’encontre des Juifs, des Grecs et des Arméniens, instauration donc du service militaire pour ces communautés, etc.) 

Venant de Salonique, la révolution Jeune Turque de l’été 1908, conduit à un régime parlementaire. Les communautés importantes de l’Empire élisent leurs propres députés : Vitali Faradji (Faraggi) à Istanbul et Emmanuel Carasso à Salonique entre autres, qui seront réélus au printemps 1912. 

La situation des communautés est difficile pendant la guerre et une partie de la population juive ne survit que grâce à l’aide des communautés américaines. 

Le sionisme gagne des adeptes parmi les gens modestes et appauvris. 

Haïm Nahum a du mal à résister à la vague, et démissionne en 1920. 

Une autre lecture , disons «marxiste», de cet ouvrage fait ressortir la lutte continuelle entre la bourgeoisie éclairée proche de l’A.I.U., au pouvoir dans la communauté, culminant avec le «règne» de Haïm Nahum et la classe pauvre mal représentée dans les instances dirigeantes, et adhérant rapidement au sionisme, même sans intention immédiate d’émigration vers la Palestine. 

Importante bibliographie, non seulement livresque, mais journalistique. 

JC

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