Editorial


 Sous le titre «A propos de Sépharade» nous évoquions dans le numéro précédent l’origine historique de la distinction un peu artificielle et difficile à cerner entre Juifs ashkénazes et sépharades. 

Nous avons vu comment des circonstances purement pragmatiques ont fait considérer, au début du présent siècle, tout Juif de culture non yiddish comme un sépharade, vision fort réductrice à notre avis. 

Il se trouve qu’au moment même où était distribuée notre LS 6, sortait à Bruxelles le n° 11 de “Los Muestros”, (dont nos lecteurs savent que c’est la meilleure revue sépharade européenne). 

Et dans cette livraison, un article de Gaby E. Benatar s’intitule justement “Ashkénaze-Séfarade” qui étudie sous un autre angle les mêmes notions. 

Avec l’autorisation de l’auteur, nous trouvons utile d’apporter à nos lecteurs ce complément de réflexions dont l’idée directrice est que : 


Les thèses communément admises (...) selon lesquelles tout ce qui n’était pas rattaché de près ou de loin au groupe ashkénaze est automatiquement versé et englobé dans l’entité séfarade, ne peuvent plus être acceptées aujourd’hui...” 

« Pendant ce temps là, que distinguons- nous ? Un groupe dont on voulait ignorer l’existence et qu’on voulait à tout prix englober dans la sphère séfarade, en l’occurence les Orientaux (Mizrahim), a émergé et s’affirme  distinctement, formant une entité cohérente et non négligeable. 

Si l’on tient compte de la situation qui prévaut aujourd’hui dans l’ancien empire soviétique où de nombreuses communautés ayant vécu en marge du judaïsme mondial, établies dans ces régions reculées depuis de très nombreux siècles, se sont révélées et sont venues en grossir le rang,.. il ne ne nous viendrait jamais à l’esprit, à nous Séfarades, de vouloir les englober dans le monde ashkénaze parce qu’elles ne font pas partie de la sphère séfarade. 


Beaucoup de nos frères des pays récemment libérés de l’Asie ex-soviétique sont proches des Juifs d’Iran, d’Afghanistan... tant par leurs coutumes, rites et traditions, que par leur langage, et c’est pourquoi nous défendons l’idée qu’il serait temps maintenant d’envisager d’ajouter une troisième composante aux deux déjà existantes, les Orientaux/Mizrahim, puis de songer à en ajouter une quatrième qui engloberait nos frères d’Afrique et d’Asie, parce qu’eux aussi, à l’analyse, ne sont pas plus Séfarades qu’Ashkénazes.» 

Nous soumettons bien volontiers ces réflexions à nos lecteurs dont nous attendons les réactions, nous chargeant de les transmettre à l’auteur. 

Jean Carasso


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