Documents reçus



Une brochure de Lucien Rouba, intitulée : «Séfarades et Séf-arabes, index de quelques personnalités connues et moins connues». 

L’auteur répertorie, avec leur date de naissance et leur domaine propre, ceux de nos contemporains qui retiennent son attention au milieu de «grands anciens» : Gisèle Halimi, avocate, ou Roland Moreno, inventeur de la «carte à puce», voisinent avec Baruch Spinoza et Josef Caro. 

Il ne s’agit là que d’un essai, et Lucien nous prépare un ouvrage plus consistant sur le même thème.

 

 


Dans un tout autre genre, de Rosa Sheldon Miller, aux USA, un court récit de 16 pages écrit en 1972 : «The destruction of Salonica jewry : a personal view.» 
Rosa, trente années après les faits, était toujours obsédée par cette situation totalement incroyable, impensable, de l’étrange passivité de sa famille face à la façon d’agir de l’occupant allemand à Salonique. 
Celui-ci ne sembla d’abord pas se préoccuper de la présence juive, sinon par des mesures vexatoires mineures, puis plus oppressives mais vécues dans l’ environnement familial de Rosa comme «acceptables», comme prix à payer pour sauvegarder une certaine tranquillité, et ce à partir du recensement détaillé établi avec la complicité active du Grand Rabbin. Puis... ce que l’on sait ! 
La figure d’un Juste apparaît au passage, le capitaine Wengersky, un officier autrichien qui, au péril de sa propre sécurité, venait de nuit, durant le couvre-feu, les prévenir à mesure des préparatifs imminents de déportation de tous les Juifs, et les suppliant de fuir vers Athènes sous occupation italienne. Ils ne le crurent pas...1 
Rosa vécut la situation très difficile d’une fillette élève de l’école italienne, protégée donc avec son père et sa mère par leur consulat, au milieu du reste de sa nombreuse famille, protégée elle par le consulat d’Espagne, et finalement expédiée à Bergen-Belsen .2 
Rosa et sa famille purent donc s’enfuir à Athènes dans un train militaire italien et, de péripétie en péripétie, sauver leur vie. Comment Rosa n’en demeurerait-elle pas toujours marquée cinquante ans après ?
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