Poésie

N’être Sépharade.

Le poète évoquait l’époque médiévale
il eut aimé vivre à l’ombre de Villon
Dans ce Quartier Latin où, toujours en cavale
De la fièvre étudiante il eut pris le filon.

Mes regrets sont plus proches, au plan chronologique 
Même si cest dOrient dont je rêve aujourdhui
Dans l’Empire Ottoman, espace anthologique
A la première aurore, le grand soleil a lui.

Que n’
ai-je pour ancêtre, dans ce mythe éponyme 
Carasso ou Saül, Modiano, Arditti 
Qui animent en ce jour la revue antonyme 
Et qui à vous s’adresse, les Juifs séphardis ?

Ah que nai-je grandi au pied de la Tour Blanche
Marquant de la fierté l’interlope passage
Quand votre passeport portait avec revanche
Salonique comme Etat, centre du nouvel âge ?

Que n’
ai-je cinq cents ans plus tôt quitté la péninsule
Tolède ou Grenade, Burgos, Villadiego,
Par la marâtre Espagne chassé et massacré, ridicule
Marrane forcé de se cacher, terrorisé par l’hidalgo ?

Aujourd’
hui rue Sedaine, à Bruxelles ou à Gordes
Sépharades de Smyrne, Stambouliotes, Rhodeslis
Chaque jour vous tissez, article après article, la corde
Qui vous lie, vous relie, vous réjouit.

A n’ê
tre Sépharade, on reste nostalgique
Admirant les efforts par chacun déployés
A l’é
laboration de projets mirifiques
Partis d’
une péniche, bientôt satellisés.....

envoi 
Mais nous n’oublions pas la funeste période
sur votre Tour Blanche flottait la svastika,
naître était sinistre ou bien fatalité.


Lapparenté de cœur. Mars 1993
(alias Jean Paul Mazoyer)


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