Coup de projecteur

Documents et courriers reçus 


Le Museo sefardi de Tolède s
accroît

Une superbe brochure polychrome, sur papier glacé, bulletin périodique semestriel, numero 7, du Museo Sefardi de Tolède, dont la Conservatrice est Madame Ana Maria López Alvarez,pendant du Ministère espagnol de la Culture.

Ce numéro, luxueusement illustré, traite essentiellement de la restauration de la synagogue de Santa María la Blanca et décrit par ailleurs les 74 pièces archéologiques que le musée vient dacquérir auprès de lOrganisa-
tion des Musées dIsraël.
 
Sinagoga del Tránsito, Calle Samuel Levi
45002 Toledo, Españ
a.


 
Poèmes tout simples.
 Un recueil de poèmes de Rita Gabbaï-Simantov, édité à Athènes en 1992, tiré à mille exemplaires, et dont nous avons reproduit deux textes dans le numéro précédent. Vous en trouverez quatre dans celui-ci.
Sous une apparence timide, discrè
te, tranquille et calme, ces poèmes dissimulent pudiquement une grande richesse humaine, un immense vécu. Soyez-en remerciée, Rita !


 
La Señora danse, qui la filme ?
 Un dossier de presse de Karine Saporta sur son spectacle “Le rêve dEsther”, qui lui a é inspiré par le livre de Catherine Clément : “La Señora”. Dans cet ouvrage, C.C. raconte, sous forme romancée, lodyssée à travers l’Europe de la famille Mendes : Doña Gracia et son neveu Don Joseph Nasi, lors de leur expulsion dEspagne. Karine recherche actuellement la possibilité de filmer ce spectacle.


 
La mémoire écrite.
 Un courrier élogieux de Serge Klarsfeld remerciant pour l’envoi de “La Lettre Sépharade”, publication indispensable comme le furent “Les Cahiers Séfardis”, écrit-il.
(A ce propos des “
Cahiers Séfardis”, qui, parmi les lecteurs, en possède une collection et pourrait nous faire parvenir un article historique, descriptif, etc.? Merci.)  


La mémoire chantée.
Le second bulletin semestriel de lAssociationYUVAL” pour la préservation des traditions musicales juives, qui explique quen relation avec le Centre de Musique Juive de lUniversitébraïque de Jérusalem, elle sapplique à recueillir, depuis 1987, un fonds sonore qui comprend maintenant plus de 600 heures d’enregistrement de musique profane et liturgique. Yuval possède aussi des partitions et des documents écrits.
Yuval émet sur Radio J. chaque mercredi à 16 heures.
45 rue La Bruyè
re 75009 Paris. Tel. :45 26 15 84 de 14 à 16 heures.


Œcuménisme à Smyrne.
 De Livio Missir, à Bruxelles l’information selon laquelle, en Octobre 92,, Monsieur le Grand Rabbin de Turquie, David Asseo, lors d’une visite à la Communauté de Smyrne, fut reçu non seulement par les membres de ladite Communauté, mais en présence des plus hautes autorités religieuses : catholique (Mgr Bernardini) et protestante (Reverend Evans).
Livio Missir y voit un pas positif dans le sens de l’œcuménisme et du respect mutuel.


 
Excuses.
 A propos de Monsieur le Grand Rabbin de Turquie, David Asséo, que Monsieur le Grand Rabbin Sirat veuille bien nous excuser davoir incomplètement rapporté son titre dans l’article de Jean Paul Mazoyer, page 3 de notre Lettre précédente. Merci.


 
Œcuménisme à Bruxelles.
 
Le comité “Séfarad 92” de Bruxelles, la revue “Los Muestros”, et Moïse Rahmani linfatigable, ont réussi à réunir à Bruxelles, le 2 février au soir, 700 personnes autour du Recteur de lInstitut Musulman de la Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur ; de l’Archevèque de Lyon, Primat des Gaules, Monseigneur Decourtray, et de Monsieur le Grand Rabbin René-Samuel Sirat.
Des dizaines de personnalités officielles, les ambassadeurs de Grande Bretagne, dItalie, dIsraël, de Turquie, le Président du Sénat, lEvèque de Bruxelles, des représentants dambassades se pressaient au milieu de très nombreux musulmans, juifs et chrétiens se parlant entre eux, trois communautés entrouvrant la porte de leur ghetto pour laisser entrer lAutre.
700 personnes de toutes religions confondues venues écouter ces Frères en Dieu, comme s’exprimait le Recteur Boubakeur.
Les femmes et les hommes qui ont œuvré tout au long de ces derniers mois sont déterminés à continuer ce trilogue, et ils le feront, car ils savent que personne ne leur demande de terminer louvrage, mais il ne peuvent sy dérober. 

Et alors se réalisera la
 prophétie :Les épées se changeront en socs de charrues, et le loup paîtra avec lagneau”.
 
Bravo et merci, amis bruxellois !


Retrouvailles très imprévues.

 Un extrait du New York Times, édition nationale du 29 novembre 1992, relatant un colloque tenu à Santa Fe (Nouveau Mexique) autour du cinq centième anniversaire de lexpulsion dEspagne, et au cours duquel des personnes travaillant sur leur généalogie, les unes juives et les autres catholiques, se sont trouvé des racines communes et ont personnellement noué connaissance à leur fort étonnement mutuel. Ce fut le cas, par exemple, pour Dennis Duran, Président de la conférence, et Ramon Salas, analyste informatique ; Schulamith Halevy Dershowitz, poétesse à Jérusalem, et lhomme daffaires Edie Lopez Martinez, de Pasadena, etc.
Ce document nous a été expédié par Jack Levine, du Connecticut.



 
Une ketouba, des ketouboth.
 Dans une très belle brochure en couleurs, lartiste peintre Galim Frédéric Galimidi ) 61 bis boulevard Beauséjour à 75016 Paris, tel 45 27 89 89, nous décrit son itinéraire de sépharade, depuis Alexandrie, lieu de sa naissance entre les deux guerres (mais Istanbul comme origine plus lointaine), ses premières leçons de dessin à cinq ans et son actuelle vocation de peintre, en particulier de superbes Ketouboth ( contrats de mariage) enluminées de manière traditionnelle orientale.


 
De la suite dans les idées...
 DHenry Caraso, le synopsis des chapitres 13 et 15 d’ un livre de l’Américain Stephen Birmingham, publié chez Harper & Row en 1971, racontant l’extraordinaire aventure dUriah Phillips Levy.
Ce gaillard de fort tempérament, né en 1792, engagé dans la jeune marine américaine comme simple garçon de cabine en 1807, enrôlé de force dans la marine britannique en 1809, désertant, se mit en tête de gravir les échelons dans la marine militaire américaine alors quaucun juif n’était parvenu à un grade un peu élevé dans la marine britannique qui servait toujours de modèle.
L’
histoire raconte quil étudia avec brio à l’école navale de Philadelphie et que, surmontant un nombre incroyable dobstacles, maintes fois rejeté et condamné, il fut toujours rattrapé “par les cheveux” par le Président des Etats-Unis lui-même, malgré le fort antisémitisme ambiant dans la marine. Après dinnombrables péripéties qui font penser à l’Affaire Dreyfus en France, il termina sa carrière comme Commandant de la Flotte de Méditerranée en 1860.
 Un beau suj
et de film ?



 
Christophe Colomb, juif (suite...)
 De nos amis Carasso de Buenos Aires, une brochure signée dElvira Levy et Alicia Elena Casais, publié par l’Instituto Cultural Argentino-Israeli en 1992, intitulée :”Los Judíos y el Descubrimiento de América”.
Dans une première partie, les auteurs analysent les arguments, nombreux et troublants, affirmant lorigine juive de Christophe Colomb et dune bonne partie de son entourage, cartographes compris.
Dans le restant 
de louvrage, les auteurs reprennent les grandes lignes de lhistoire des Juifs en Espagne. 


 
Un bel arbre...
 De Joseph Nahmias, en région parisienne, né à Alexandrie, son arbre généalogique commenté qui nous intéresse à divers titres :
- D’
abord parce que ses grands parents venaient de quatre horizons différents : Saïda au Liban (Nahmias) et Saana au Yemen (Misraki) pour les deux grands-pères ; Istanboul (Guetta, nom typique de Livourne et peut-être même de Gaète) et Alexandrie ( Lévy ) pour les deux grands-mères, ces quatre personnes nées un peu avant le milieu du XIXème siècle.
- Ensuite parce qu’
arrivés tous à Alexandrie vers le milieu dudit siècle, ils ont contribué à, et aussi profité de l’essor considérable de l’Egypte à cette époque. (Inauguration du canal de Suez en 1869)
- Et parce qu’il apparait très bien comment, dans cette civilisation alexandrine, lusage de lespagnol, pourtant véhiculé par la forte personnalité de la grand’mère Guetta, sest, en une ou deux générations, perdu au profit de larabe et des langues occidentales.
- Et pour terminer, le constat démographique type : le couple Yeouda Misraki Malka Levy (décédés autour de 1920) eut huit enfants, lesquels cumulèrent à eux tous quarante et un enfants, soit cinq en moyenne par couple. A comparer avec les familles actuelles.... 

1492 : la modernité en gestation.
 
De nos amis Garibbo, à Gênes, un dossier qui retient notre attention, sur un colloque tenu dans leur ville, du 23 au 26 novembre 1992, à l’occasion, bien entendu, du cinquième centenaire de lexpulsion dEspagne, mais offrant un éclairage tout particulier :
alors qu’
en France, en Espagne, aux Etats Unis, en Argentine, lannée 1492 évoque dune part lexpulsion des Juifs, ainsi que lunité espagnole, et d’autre part larrivée en Amérique de Colomb ( pour ne pas sexprimer en termes de “découverte”), la vision qu’exprimèrent les participants à ce colloque était beaucoup plus audacieuse, universaliste et intéressante.
L’
intitulé développé du colloque en offre une bonne vision :
1492 ne marqua pas seulement 
- la dé
couverte de lAmérique,  mais aussi:
- la fin du dernier rè
gne islamique en Europe,
- l’
expulsion des Juifs dEspagne,
- la pré-annonce de la Ré
forme de Luther,
- le conclave qui é
lut Borgia, (le pire pape que la Catholicité ait connu)
- la pré
dication de Savonarole,
- la mort, à Florence, de Laurent le Magnifique,
- et la frappe de la premiè
re pièce de monnaie à Gênes. Et les commentaires succincts qui suivent l’intitulé s’expriment ainsi :
Les cinq figures emblématiques de la modernité : le Marché, l’Artiste, la Découverte, La Mathématique, la Diplomatie, et les cinq valeurs dominantes de l’époque actuelle : la Démocratie, le Marché, la Tolérance, le Progrès, lArt, nauraient pas acquis leur signification moderne si lannée 1492 s’était déroulée autrement. Ce fut une année décisive pour toute la suite, une sorte d’”explosion” de ce qui couvait depuis longtemps.
A noter qu
Edgar Morin et Jacques Attali, en France, ont travaillé là-dessus.
 
Ce qui précède nous offre loccasion de revenir sur un texte concernant lInquisition, publié dans la LS précédente. Nous indiquions que celle-ci fut définitivement supprimée en ...1834. Mais le colloque de Gênes a mis en valeur lanecdote ( ? ) suivante : si un décret de lOrdre des Jésuites pris en 1608 demandait aux impétrants de prouver sur cinq générations labsence de sang juif dans leurs veines, une note de 1923 - oui, mille neuf cent vingt-trois — nexige plus que quatre générations et permet au Supérieur de déroger en des circonstances particulières.


 
Les Sépharades en Inde.
 De deux correspondants différents : Chantal Marimoutou-Roques, et nos amis Netter, des informations et des photos sur la splendide synagogue de Cochin, dans la province de Kerala, en Inde du Sud-Ouest, et sur lactuelle communauté juive.
Le bâtiment date de 1568, remplaçant une ancienne synagogue bâtie en 1344.
Mais la première implantation juive date de la destruction du second Temple ; et la fin du XVème siècle vit arriver des Sépharades.
Il reste actuellement à Cochin, nous dit-on, sept familles juives constituées de vingt-trois personnes.
Qui leur portera notre cordial 
Shalom ?  


 
Les Sépharades aux USA.
 Le bulletin de lautomne 92 de la “Sephardic House”, à New-York, rend compte des cérémonies du printemps à Tolède, publie une longue liste douvrages, disques et cassettes disponibles, annonce le festival international du film sépharade qui sest tenu du 23 au 31 décembre à New-York, et renseigne, comme chaque année, sur un voyage d’étudiants vers Paris, du 11 juillet au 15 août 1993.
Janice E. Ovadiah, “Sephardic House”, 2112 Broadway. New-York, NY 10023.


 
Les Sépharades à Sarajevo.
 Patrick Gerassi, de Londres, nous avait communiqué en temps, un appel des juifs de Sarajevo, sous forme d’une lettre signée du Dr David Kamhi, et adressée au maire de Tolède, appelant à l’aide alimentaire et médicale par mille colis.
Le grand journal espagnol ABC avait dépêché à Sarajevo un envoyé spécial, Santiago Córcoles, qui relata ses contacts sur place dans l’édition du 7 septembre 1992. Le titre de son article était :”El gobierno tiene la obligación moral de ayudar a los sefardíes de Sarajevo que se han declarado servidores del rey de España.”
La demande daide portait sur lenvoi de colis ainsi que sur l’éventuel accueil en Espagne de réfugiés pour quils échappent ainsi au siège de la ville.
(200 personnes auraient alors é
 évacuées).
 en est-on ?
Les juifs de Sarajevo étaient (sont?) regroupés en une association dont voici ladresse, proche du musée juif et de la vieille synagogue bâtie en 1580 :
 La Benevolencia, Dobrovol
jacka 83
Sarajevo, Bosnie-Herzégovine.
Comments